BURKINA FASO / LEADERSHIP FÉMININ — Orokiatou TRAORÉ, 46 poches de sang et une vie entière au service des autres

Il y a des actes qui parlent plus fort que tous les discours. Celui d’Orokiatou TRAORÉ en est la preuve vivante.


Ce Samedi 11 juillet 2026, lors de la célébration nationale de la Journée Mondiale du Donneur de Sang à Fada N’Gourma, cette femme d’exception a été élevée au rang de Chevalier de l’Ordre de mérite de la santé et de l’action sociale avec agrafe santé par le Ministre de la Santé, Dr Robert Lucien Jean-Claude KARGOUGOU. Une distinction méritée, qui couronne un engagement aussi discret que précieux : 46 poches de sang données bénévolement, autant de vies sauvées dans l’ombre et la générosité.
La cérémonie officielle, présidée par le Ministre de la Santé et parrainée par le Ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Pr Adjima THIOMBIANO, s’est tenue dans la salle polyvalente de Fada N’Gourma sous le thème porteur : « Une goutte d’humanité. Donnez du sang. Sauvez des vies. »

Une vocation née d’une rencontre

Tout a commencé simplement. Un agent du Centre National de Transfusion Sanguine (CNTS) passe dans son service (CNSS) pour une collecte et lui explique l’importance du don de sang. Ce jour-là, quelque chose change en elle. Depuis, sans interruption, elle donne.
« J’ai commencé à donner mon sang depuis le jour que le CNTS est passé à mon service pour une collecte. Depuis cette date et après le retrait de mes résultats, je donne de mon sang pour sauver des vies. » — Orokiatou TRAORÉ, Chevalier de l’Ordre de mérite de la santé


La femme : donneuse de vie et gardienne de la vie


Le geste d’Orokiatou TRAORÉ dépasse sa propre personne. Il interpelle toutes les femmes burkinabè. Car au-delà de donner la vie, la femme peut contribuer à la préserver par le don de sang, geste simple, accessible et salvateur.
Son message aux femmes est direct : « Les femmes doivent donner de leur sang pour sauver des vies » pour sauver des vies particulièrement lors des accouchements et des situations nécessitant une transfusion sanguine d’urgence.
Un appel qui résonne avec une acuité particulière dans le contexte de la santé maternelle au Burkina Faso, où l’hémorragie demeure la première cause de décès maternel.

GCA aux côtés des donneuses de sang

Genit Care Africa soutient pleinement cette dynamique. Promouvoir le don de sang bénévole, c’est agir directement pour la survie des femmes enceintes, des accouchées et de tous ceux qui dépendent des produits sanguins labiles pour survivre. Chaque poche de sang donnée est une mère sauvée, un enfant qui garde sa maman, une famille préservée.
La distinction d’Orokiatou TRAORÉ envoie un message fort : le leadership féminin ne se mesure pas seulement aux postes occupés. Il se mesure aussi aux vies sauvées, une poche de sang à la fois.

Genit Care Africa, Burkina Faso

LEADERSHIP FÉMININ — Genit Care Africa primée sur la scène internationale : le Burkina Faso rayonne aux Caraïbes

C’est sous le soleil de Saint-Kitts-et-Nevis, dans l’archipel des Caraïbes, que s’est tenu du 17 au 21 novembre 2024 le XXXIe Congrès International de la BPW (Business and Professional Women). Un rendez-vous mondial de référence, qui a réuni des milliers de femmes cheffes d’entreprise et professionnelles venues des quatre coins du globe pour débattre de développement économique, voter des résolutions stratégiques et renforcer les solidarités entre femmes leaders.

La délégation burkinabè était au rendez-vous. Et elle n’est pas rentrée les mains vides.

GCA primée pour son leadership en santé

Représentant la Fédération BPW Burkina Faso, Genit Care Africa (GCA) — à travers sa Présidente Josiane OUEDRAOGO — a reçu lors de ce congrès un prix international reconnaissant son leadership dans la santé des jeunes et des femmes. Une distinction qui consacre des années d’engagement sur le terrain burkinabè en matière de santé sexuelle et reproductive, de lutte contre les violences basées sur le genre et de protection de l’enfance.

Ce prix n’est pas seulement une fierté pour GCA. Il est un signal envoyé à toute l’Afrique du Sahel : le travail de terrain, mené avec rigueur et humanité, est vu, reconnu et honoré à l’échelle mondiale.

Un congrès sous le signe de la coopération et de la transformation

Placé sous le thème « New Action through Cooperation » (De nouvelles actions par la coopération), le congrès a orienté l’ensemble de ses travaux vers une ambition centrale : transformer la sororité en actions économiques et politiques concrètes. Les sessions thématiques ont abordé les grands défis du développement féminin mondial, dans une dynamique alliant plaidoyer, innovation et réseautage stratégique.

La Présidente de BPW International 2024–2027, Mme Dianna BARRANGA, a donné le ton dans son allocution inaugurale :

« Ensemble, sous la bannière de notre thème triennal « Inspirer, innover, autonomiser, transformer : ensemble, nous façonnons un avenir durable », nous tirons parti du pouvoir de la collaboration pour favoriser la croissance et susciter un changement significatif. Souvenons-nous également du besoin urgent de paix sur Terre pour tous, en particulier pour les femmes et les enfants, qui portent si souvent le fardeau le plus lourd en période de conflit et d’épreuves. »

Des mots qui résonnent avec une acuité particulière pour une organisation comme GCA, dont le mandat épouse précisément ces combats au quotidien.

Un réseautage stratégique au plus haut niveau

Au-delà de la distinction reçue, la participation de GCA à ce congrès a été l’occasion d’un réseautage de haut niveau. La délégation burkinabè a échangé avec le bureau international entrant, les présidentes de comité, ainsi que la Past President de BPW International, Dr Amany ASFOUR — dont l’accompagnement a été déterminant dans ce parcours — et Mme Antoinette, Past President de la délégation.

Une reconnaissance particulière est adressée à Mme Rasmata KABRÉ, Présidente de la Fédération BPW Burkina Faso, dont le soutien et la confiance ont rendu possible cette présence burkinabè aux Caraïbes.

Un rayonnement qui engage

Cette reconnaissance internationale confirme la trajectoire de Genit Care Africa : une organisation ancrée dans les réalités locales du Burkina Faso, mais connectée aux dynamiques mondiales de défense des droits des femmes et des jeunes. Être primée à Saint-Kitts-et-Nevis, c’est aussi porter plus haut la voix des femmes du Sahel sur la scène internationale.

Le combat continue. Avec plus de légitimité que jamais.

Genit Care Africa — Burkina Faso

ENFANCE & DROITS — « Manger ensemble, Grandir ensemble » : douze semaines, une aventure humaine inoubliable

Ce mercredi 24 juin 2026, le siège de Genit Care Africa (GCA) a accueilli la 12e et dernière séance du projet « Manger ensemble, Grandir ensemble » (MEGE) dans une ambiance à la fois chaleureuse et empreinte d’émotion. Une page se tournen, mais quel chemin parcouru.

Une dernière séance, fidèle à l’esprit du projet

Onze enfants ont participé à cette clôture dont 3 filles, 8 garçons et 1 enfant en situation de handicap moteur dans le même esprit d’inclusion, de bienveillance et de participation qui a caractérisé chacune des rencontres précédentes. La séance a débuté par un atelier de coloriage, avant que les enfants n’apportent les touches finales aux œuvres de peinture entamées lors des séances précédentes. Douze semaines de créativité trouvaient ainsi leur aboutissement dans des réalisations artistiques concrètes, témoins visibles d’un parcours d’apprentissage et d’expression.

Un engagement solennel contre l’excision

Moment fort de cette dernière séance : une sensibilisation au consentement et au respect de l’intégrité physique, adaptée à l’âge des enfants. Les participants ont été initiés à la signification du signe universel « Non à l’excision » , la lame barrée — symbole international de la lutte contre les mutilations génitales féminines.
À l’issue de cet échange, les enfants ont posé un geste symbolique d’engagement en reproduisant ce symbole. Par ce geste, ils ont exprimé collectivement leur volonté de contribuer à l’éradication de cette pratique néfaste et pris l’engagement solennel de ne jamais faire exciser leurs futurs enfants, ni d’encourager l’excision au sein de leur entourage.
Un moment de portée considérable : des enfants des rues, trop souvent invisibles aux yeux de la société, qui s’approprient les valeurs de protection, de respect et de dignité — et s’en font les défenseurs. C’est cela, aussi, la force du projet MEGE.

Une clôture dans la joie et la fierté

La séance s’est achevée par le repas communautaire partagé, fidèle rituel hebdomadaire qui a nourri corps et liens sociaux pendant trois mois. Une séance photo réunissant enfants et équipe d’animation a immortalisé ce dernier moment de complicité , sourires, fierté et émotion mêlés dans un cadre de vie qui, pour ces enfants, aura représenté bien plus qu’un programme : un espace d’existence, d’écoute et de dignité.

Douze semaines, une transformation

Au fil de ces douze rencontres hebdomadaires, le projet « Manger ensemble, Grandir ensemble » aura offert à des enfants vivant dans la rue un cadre structurant et bienveillant, au sein duquel ils ont pu développer leur créativité artistique, découvrir et s’approprier leurs droits fondamentaux, s’initier aux notions de protection contre les violences, d’égalité de genre et de vivre-ensemble, et bénéficier d’un espace d’écoute, d’expression et de partage rare dans leur quotidien.


Ce projet illustre avec force ce que l’action humanitaire a de plus noble : aller vers les plus vulnérables, les accueillir sans condition, et leur redonner la place qui leur revient de droit dans la société.
Genit Care Africa clôture ce chapitre avec fierté. Et prépare déjà le suivant.


Genit Care Africa

ENFANCE & DROITS — « Manger ensemble, Grandir ensemble » : la Journée de l’Enfant Africain célébrée dans l’inclusion et la créativité

Ce mercredi 17 juin 2026, le siège de Genit Care Africa (GCA) a accueilli la 11e séance du projet « Manger ensemble, Grandir ensemble » (MEGE) dans un contexte particulier et symbolique : celui de la Journée de l’Enfant Africain. Une coïncidence heureuse, saisie comme une opportunité pédagogique pour rappeler à chaque enfant présent que ses droits ne sont pas une abstraction , ils sont une réalité à connaître, à revendiquer et à défendre.

Une inclusion sans compromis

Treize enfants ont pris part à cette séance — 5 filles et 8 garçons. Parmi eux, un enfant en situation de handicap moteur et deux enfants autistes, dont la présence illustre avec force la philosophie inclusive qui guide chaque action de GCA : ici, aucun enfant n’est laissé au bord du chemin. L’inclusion n’est pas un slogan. C’est une pratique quotidienne, assumée et incarnée.

Créativité et motricité : l’art comme langage universel

La séance a débuté par un atelier de coloriage sur papier, offrant aux enfants un espace d’expression libre, propice au développement de la motricité fine dans une ambiance détendue. Les apprentissages se sont poursuivis à travers des exercices de dessin, dont une initiation au mélange des couleurs — apprendre à obtenir le vert à partir du jaune et du bleu — et des exercices pratiques au tableau. Des gestes simples, mais porteurs d’une découverte fondamentale : avec peu, on peut créer.

Droits de l’enfant : des mains qui parlent

À l’occasion de la Journée de l’Enfant Africain, l’équipe d’animation a introduit la notion des droits de l’enfant à travers une activité visuelle et participative. Des dessins représentant une main — symbole déjà familier aux enfants depuis les séances précédentes — ont été préparés, sur lesquels figuraient les droits fondamentaux : droit à l’éducation, à la santé, à la protection et à l’alimentation.

Les enfants ont présenté ces supports lors d’une séance photo collective, transformant un exercice pédagogique en moment de prise de conscience et de fierté. Car savoir que l’on a des droits, c’est déjà commencer à les défendre.

Le repas : bien plus qu’une assiette

Fidèle à l’esprit du projet, la séance s’est conclue par le repas communautaire partagé — moment de convivialité et de lien qui rappelle, semaine après semaine, que grandir ensemble, c’est aussi manger ensemble, échanger, sourire et exister aux yeux des autres.

Cette 11e séance aura été, à bien des égards, une célébration dans la célébration. Celle d’enfants qui apprennent, qui créent et qui découvrent leur valeur. Celle d’une organisation qui, chaque mercredi sans exception, choisit d’être présente, engagée et fidèle à sa mission : redonner à chaque enfant la place qui lui revient de droit.

Genit Care Africa

ENFANCE & DROITS — « Manger ensemble, Grandir ensemble » : des mains orange contre la violence

Ce mercredi 10 juin 2026, le siège de Genit Care Africa (GCA) a accueilli la 10e séance du projet « Manger ensemble, Grandir ensemble » . Vingt-cinq enfants — dont deux filles — ont pris part à une session dense, mêlant éducation aux droits, expression artistique et solidarité concrète.

Briser les silences : stéréotypes de genre et violences basées sur le genre

La leçon éducative du jour a abordé deux réalités trop souvent tues : les stéréotypes de genre et les violences basées sur le genre (VBG). À travers une illustration représentant une scène de violence conjugale utilisée comme support pédagogique, les enfants ont été invités à s’exprimer librement, à identifier les différentes formes de violence et à questionner les représentations sociales qui les normalisent.

Un outil essentiel a également été présenté : le signe universel de demande d’aide — la main orange — permettant à toute personne en situation de danger de signaler discrètement sa détresse. Un geste simple. Un geste qui peut sauver.

Ces échanges participatifs ont démontré la capacité des enfants, même les plus jeunes, à comprendre, nommer et rejeter la violence — à condition qu’on leur en donne les mots et les outils.

Des mains orange pour dire STOP

L’atelier artistique a prolongé le message éducatif avec force et créativité. Chaque enfant a apposé sa main sur une feuille blanche, l’a dessinée puis peinte en orange — couleur universelle de la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles, obtenue par le mélange du rouge et du jaune. Un geste collectif, symbolique et puissant : STOP À LA VIOLENCE.

Sous la conduite de Mme Sougué, les enfants ont ensuite complété un tableau représentant un paysage villageois, en y intégrant des personnages humains et animaliers — une fenêtre ouverte sur leur imaginaire, leur culture et leur vision du monde.

Un geste de solidarité concret

La séance a également été marquée par une distribution de vêtements aux enfants — une attention qui va au-delà du symbolique, répondant à des besoins réels et rappelant que la dignité se construit aussi dans le quotidien le plus concret.

La journée s’est conclue autour du repas communautaire, moment de partage et de convivialité qui renforce les liens entre les enfants et consolide un cadre d’apprentissage bienveillant, inclusif et protecteur.

Dix séances. Dix mercredis. Une certitude qui grandit : ces enfants apprennent, créent, s’éveillent. GCA continue d’être là — chaque semaine, sans relâche, au service de leur dignité et de leur avenir. 🧡🇧🇫

Genit Care Africa

Journée Mondiale de l’Environnement : GENIT CARE AFRICA appelle à reconnaître le lien entre crise environnementale et droits des femmes

Chaque année, le 5 juin, la communauté internationale célèbre la Journée Mondiale de l’Environnement. Pour GENIT CARE AFRICA, cette date n’est pas seulement un appel à protéger la nature. C’est un rappel urgent : quand l’environnement se dégrade, ce sont les femmes et les filles qui en paient le prix le plus lourd. Et ce silence doit cesser.

L’environnement, premier déterminant de la santé des femmes

L’eau, l’air et la terre ne sont pas des abstractions. Ce sont les conditions concrètes de la survie et de la dignité humaines. Dans les zones rurales du Burkina Faso, comme dans les espaces affectés par l’insécurité, des milliers de femmes enceintes s’exposent chaque jour à des maladies liées à la pollution de l’eau et de l’air. Des adolescentes vivent leur menstruation sans accès à des infrastructures sanitaires sûres, dans des conditions qui compromettent leur santé, leur scolarisation et leur confiance en elles. Les dérèglements climatiques, en rendant l’accès aux soins et aux ressources vitales toujours plus difficile, aggravent des inégalités qui existaient déjà. Ce n’est pas une coïncidence. C’est le résultat d’un système qui marginalise les droits reproductifs des femmes et ignore leur vulnérabilité face aux crises environnementales.

12 000 FCFA par an, 800 ans pour se dégrader : l’urgence des alternatives durables

Au Burkina Faso, les serviettes hygiéniques jetables coûtent en moyenne 12 000 FCFA par an à chaque femme — une dépense insoutenable pour les ménages les plus vulnérables. Certaines contiennent du plastique et des substances chimiques. Abandonnées dans la nature, faute d’infrastructures de collecte adaptées, elles peuvent mettre jusqu’à 800 ans à se dégrader, polluant durablement les sols et les cours d’eau dont dépendent ces mêmes communautés.

Des solutions existent pourtant. Les protections hygiéniques réutilisables — serviettes lavables, culottes menstruelles — produites localement, durent deux à cinq ans et coûtent quatre fois moins cher que les produits jetables. Elles réduisent les déchets, préservent l’environnement et redonnent aux femmes une autonomie réelle sur la gestion de leur santé menstruelle. Promouvoir ces alternatives, c’est agir simultanément pour la justice environnementale et pour la justice reproductive.

Deux combats, une seule cause

GENIT CARE AFRICA affirme aujourd’hui avec force ce que la science et le terrain confirment : la justice environnementale et la justice reproductive sont indissociables. La justice environnementale défend le droit de chaque individu à vivre dans un environnement sain, sans pollution ni inégalités. La justice reproductive garantit aux femmes et aux filles le droit de disposer librement de leur corps et d’accéder à des soins de santé sexuelle et reproductive de qualité. Un environnement dégradé fragilise directement la santé reproductive. Et sans respect des droits reproductifs, les femmes ne peuvent pas être des actrices à part entière de la protection de l’environnement.

Interpeller les décideurs, les partenaires et les communautés sur ce lien n’est pas une posture idéologique. C’est une exigence humanitaire. Les politiques environnementales qui ignorent les droits des femmes sont incomplètes. Les politiques de santé reproductive qui ignorent les déterminants environnementaux sont inefficaces.

Notre appel

En cette Journée Mondiale de l’Environnement, GENIT CARE AFRICA s’adresse aux femmes et aux filles, aux jeunes, aux acteurs de santé, aux associations partenaires et à tous les décideurs : prenez la mesure de ce lien. Intégrez la santé reproductive dans les agendas environnementaux. Intégrez les enjeux environnementaux dans les politiques de santé maternelle. Financez les alternatives durables. Construisez les infrastructures sanitaires que les filles méritent.

KONSEIBO ARIELLE DEBORA diplômée en hydraulique rurale et aménagement hydro agricole

« Les femmes portent la vie : elles doivent aussi être au cœur de la protection de l’environnement. »

Ensemble, engageons-nous pour un monde où l’eau reste une source de vie, où l’environnement est respecté, et où les droits des femmes et des filles sont pleinement garantis — y compris en situation humanitaire.

KONSEIBO ARIELLE DEBORA diplômée en hydraulique rurale et aménagement hydro agricole

ENFANCE & DROITS — « Manger ensemble, Grandir ensemble » : quand la masculinité positive prend racine dès l’enfance

Ce mercredi 3 juin 2026, le siège de Genit Care Africa (GCA) a accueilli la 9e séance du projet « Manger ensemble, Grandir ensemble » (MEGE)— une session particulièrement riche, placée sous le signe de l’égalité, du respect et de la paix.

Après le service de 30 repas communautaires, 10 enfants— dont #une_fille — ont pris part à un programme en trois volets, alliant éducation aux droits, expression artistique et ancrage culturel.

🔴Éduquer pour transformer : l’atelier masculinité positive

La séance a débuté par une introduction à la masculinité positive, animée par Dr Josiane. Au cœur des échanges : les droits sexuels et reproductifs comme processus continu, qui commence dès l’enfance. Pour les jeunes garçons notamment, il est fondamental d’acquérir, tôt, des repères clairs sur les relations de genre — respect mutuel, déconstruction des stéréotypes, égalité des droits et prévention de toutes formes de discrimination.

Les discussions ont porté sur un principe simple mais essentiel : il n’existe pas de tâches ou de métiers réservés à un sexe. Les enfants ont activement participé aux échanges et exercices, démontrant une compréhension remarquable des notions abordées, et ont été initiés à la reconnaissance des symboles féminin et masculin.

🔴Mémoire culturelle et vie au village

Mme Sougué a conduit un atelier de schématisation d’objets du quotidien villageois — seau, gobelet, canari, case, grenier, mortier, pilon. Un exercice ancré dans les réalités locales, qui a ouvert un espace d’échange riche sur les représentations et perceptions de la vie communautaire, tout en valorisant le patrimoine culturel burkinabè.

🔴La paix comme œuvre d’art

La session s’est conclue par un atelier de peinture autour du thème de la paix, avec matérialisation des symboles féminin et masculin sur toile. Chaque enfant a exprimé sa propre vision de la paix — une créativité libérée, une parole donnée, une dignité affirmée.

L’ambiance participative et conviviale qui a marqué cette 9e séance confirme une évidence : ces enfants, trop souvent invisibles, ont des choses profondes à dire et à créer. GCA leur en donne l’espace et les outils.

Pour les séances à venir, le programme continuera de transmettre à ces enfants non scolarisés des valeurs fondamentales —respect, égalité, responsabilité— plutôt que de laisser ces sujets essentiels à l’improvisation ou aux sources non vérifiées.

✍️ Chargé de la Communication de l’Association Genit Care Africa

« Une femme ne devrait jamais perdre sa dignité en donnant la vie », Dr Josiane Ouédraogo

Elle a vu des femmes mourir en couches. D’autres survivre… mais avec une vie brisée. Des femmes qui, après avoir donné la vie, se retrouvent à perdre leurs urines, leur dignité et même leur foyer souvent. Depuis près de 30 ans de carrière, Dr Josiane Ouédraogo, gynécologue obstétricienne et fondatrice de l’association Genit Care Africa, mène un combat acharné contre la fistule obstétricale au Burkina Faso. À l’occasion du 23 mai, Journée mondiale pour l’élimination de la fistule désignée comme “la maladie de la honte”, elle revient sur son parcours entre formations, soins et soutiens humanitaires.

Dans son bureau, Dr Josiane Ouédraogo parle de la fistule obstétricale avec une précision, car depuis près de 30 ans, elle est engagée pour l’éradication de cette maladie au Burkina. Des femmes rejetées, humiliées, parfois abandonnées dès la maternité, elle en a rencontré, mais à ses débuts, impuissante d’apporter un soutien. « Très tôt, à mes débuts dans la médecine, ou j’étais d’abord généraliste, j’ai été sensible à la mort des femmes et à la mort des nouveau-nés. Je me suis dit qu’il était absolument inacceptable que des femmes meurent en donnant la vie », confie-t-elle.

Médecin depuis 29 ans, elle a exercé aussi bien dans le privé que dans le public, en milieu rural comme urbain. Son parcours l’a menée à Fada N’Gourma où elle y a passé 15 ans. C’est là-bas qu’elle découvre l’ampleur du drame silencieux que vivent les femmes atteintes de fistule obstétricale. « Je voyais des femmes qui ne mouraient pas après l’accouchement, mais qui étaient complètement abîmées. Elles survivaient… mais leur vie basculait », déplore-t-elle.  

À l’époque, elle ne savait pas encore réparer ces lésions. Elle ignore même comment prévenir ou accompagner psychologiquement ces patientes. Puis viendra la spécialisation au Bénin, avant un retour au Burkina Faso. De son retour au pays, elle fait une rencontre qui va changer le cours de son engagement : celle du Dr Guiro Moussa, aujourd’hui chirurgien urologue à l’hôpital Saint-Camille de Ouagadougou.

Elle revient aujourd’hui sur cette rencontre, dit-elle, a bouleversé sa vie, sa carrière et sa personnalité. « Un jour anodin, il m’a dit : “Petite sœur, viens, on va opérer une femme atteinte de fistule obstétricale.” Je croyais qu’il plaisantait. Mais il m’a donné le bistouri et il m’a fait confiance », se remémore-t-elle.

Dans ses souvenirs, elle revoit encore sa première intervention :  la peur de faire des erreurs. En chirurgie, dit-elle, « l’erreur n’est pas autorisée ». Mais en fin, elle réussit le coup sous la conduite du Dr Guiro.

A Fada N’Gourma, grâce à un soutien du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), elle bénéficie d’une formation à Addis-Abeba, en Ethiopie. Là-bas, un détail la marque : des patientes opérées de fistules obstétricale deviennent des ambassadrices de la lutte contre la maladie. « Là-bas à Addis, c’est une femme opérée de fistule obstétricale qui m’a appris à opérer la fistule obstétricale. Les femmes guéries devenaient actrices de leur propre combat », relate-t-elle.  

Qu’est-ce que c’est que la Fistule Obstétrical ?

La fistule obstétricale, explique-t-elle simplement, est « un trou » qui se crée entre le vagin et la vessie, ou parfois entre le vagin et le rectum, après un accouchement difficile et prolongé. Résultat : les urines ou les selles s’écoulent continuellement par le vagin, sans que la patiente ne puisse se contrôler. « C’est un problème mécanique lié à l’accouchement. La tête du bébé reste coincée trop longtemps. Les tissus meurent et laissent une ouverture », ajoute-t-elle.

Les conséquences sont terribles. Au-delà des douleurs physiques et des infections répétées, la femme perd progressivement sa place dans la société et est obligée de s’isoler. « L’odeur de l’urine est très forte. La femme elle-même finit par avoir honte d’elle-même. Là où elle s’assoit, ça laisse des traces. Les gens la fuient. Souvent son mari l’abandonne, sa famille la rejette. Souvent, l’abandon commence dès la maternité. Le bébé naît mort. Puis le mari s’éloigne. La famille aussi. Socialement, elle perd sa valeur », déplore-t-elle.

Pourtant, insiste la gynécologue, la fistule obstétricale se soigne. Lorsqu’elle est détectée tôt, une simple sonde urinaire placée pendant quelques semaines peut permettre la guérison. Mais dans les cas avancés, la chirurgie devient indispensable. Certaines patientes, révèle Dr Josiane, guérissent après une seule intervention, d’autres par contre peuvent subir plusieurs opérations, parfois plus de dix.

Et contrairement aux idées reçues, une femme opérée peut retrouver une vie normale, peut accoucher, et peut vivre paisiblement dans son foyer.

« Elle peut retomber enceinte et avoir un enfant. Mais l’accouchement devra obligatoirement se faire par césarienne programmée pour éviter que la fistule ne revienne », souligne-t-elle.

Et aussi, la fistule n’est absolument pas contagieuse.

« Ce n’est pas parce qu’on s’assoit à côté d’une femme atteinte qu’on va attraper la fistule. Il faut bannir cette peur et cette stigmatisation. La fistule n’est aucunement une maladie contagieuse », précise-t-elle.

27 milliards FCFA pour la lutte contre la fistule, le gouvernement burkinabè engagé pour la dignité des femmes  

Au Burkina Faso, la lutte contre la fistule bénéficie d’un cadre de planification soutenu par l’État et des partenaires comme l’UNFPA et l’ambassade de Belgique avec un objectif commun : éliminer la fistule obstétricale d’ici 2030.

Selon Dr Josiane Ouédraogo, l’Etat burkinabè investit environ 7 milliards de francs CFA dans la lutte contre la fistule à travers notamment la gratuité des soins (il y a un gap de 20 milliards a mobiliser pour aller a l’élimination de la fistule obstétricale. « Il faut reconnaître que l’État a pris la mesure du problème. La prise en charge de la fistule fait partie de la gratuité des soins. Mais sur le terrain, les femmes restent extrêmement pauvres et le matériel adéquat pour la chirurgie reste insuffisant », indique-t-elle.

Pour elle, la lutte contre la fistule est multisectorielle. Elle dépasse largement le seul cadre médical. « La fistule est une question de santé, mais aussi d’éducation, d’infrastructures  routières, de droits humains, de promotion de la femme. C’est une lutte multisectorielle », a-t-elle souligné.

Elle évoque également les « 3 principaux retards » qui favorisent l’apparition de la maladie surtout en zone rurale : le retard à décider d’évacuer la femme en travail, le retard dans sa prise en charge au centre de santé, puis le retard dans l’accès aux soins spécialisés. « Une femme en travail ne doit pas voir le soleil se coucher deux fois. Il faut la libérer pour éviter des séquelles. Pendant le travail d’accouchement, la tête du bébé qui est dure, si elle n’a pas assez d’espace pour sortir, elle cogne le bassin de la femme, et cela peut laisser une plaie, ronger les tissus mous qui vont se décoller et laisser de graves blessures et la la fistule est ainsi créée », martèle-t-elle.

Un appel à aider, soutenir et accompagner les patientes

Dans un appel, la gynécologue invite la société entière à changer de regard sur les femmes touchées. « Une femme qui souffre de fistule a besoin d’amour, d’accompagnement et non de rejet », lance-t-elle. A L’endroit des patientes, elle interdit la solitude. « Qu’elles ne se cachent pas. La fistule se guérit et la prise en charge est gratuite. Elles peuvent retrouver leur dignité et cela, en se rendant le plus tôt possible dans un centre de santé médical », affirme-t-elle. Elle invite également à un élan de solidarité pour mobiliser des ressources endogènes (dans le cadre de notre souveraineté) pour combler le gap pour être au rendez-vous de 2030.

Et sur ces mots, c’est le combat d’une femme qui, depuis des années, refuse qu’une autre femme soit condamnée à vivre dans l’humiliation pour avoir simplement donné la vie.

Diane SAWADOGO/ MoussoNews

Mot de la Présidente à l’occasion de la Journée Internationale pour l’Elimination de la Fistule Obstétricale

Thème : « Sa santé est un droit. Investissez pour mettre fin à la fistule et aux blessures liées à l’accouchement »

Ouagadougou, le 23 mai 2026

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Chères partenaires, chers acteurs de la santé, chères communautés,

Chaque année, des milliers de femmes africaines et burkinabè en particulier portent sur leur corps les conséquences d’un accouchement non assisté. La fistule obstétricale n’est pas une fatalité. C’est le signe visible d’un système de santé qui n’a pas encore atteint toutes ses filles.

Elle touche principalement des femmes et adolescentes pauvres, vivant en zones rurales ou affectées par l’insécurité, ayant un accès limité aux soins obstétricaux d’urgence.

Les conséquences sont multiples : – Incontinence chronique – Infections récurrentes – Isolement social, stigmatisation et violences – Pauvreté extrême et perte de moyens de subsistance.

Malgré les efforts existants, les défis majeurs persistent : – Dépistage communautaire insuffisant – Retards dans la référence vers les services de réparation – Manque d’accompagnement psychosocial et socio-économique post-réparation – Faible implication structurée des organisations communautaires féminines.

En cette Journée Internationale pour l’Élimination de la Fistule Obstétricale, GENIT CARE AFRICA réaffirme avec force : « la santé sexuelle et reproductive est un droit fondamental, non négociable, pour chaque femme et chaque fille, où qu’elle vive sur notre territoire ».

Le thème de cette édition 2026 nous appelle à l’action concrète. Investir dans la prévention, dans les soins obstétricaux d’urgence, dans la formation des agents de santé communautaires, dans la déstigmatisation des survivantes, dans la prise en charge de qualité— c’est investir dans la dignité humaine et dans l’avenir de nos nations.

Nous appelons les gouvernements, les bailleurs de fonds, les organisations de la société civile et les communautés à conjuguer leurs efforts pour que, d’ici 2030, aucune femme du Burkina Faso ne souffre plus de cette blessure évitable.

Ensemble, construisons un système de santé qui protège, qui inclut et qui répare.Pour la dignité de toutes les femmes!

Josiane Ouédraogo Présidente de GENIT CARE AFRICA