Football et autonomisation : GENIT CARE AFRICA aux côtés des jeunes footballeuses burkinabè

Ouagadougou, les 20 et 21 Août 2026 — Le football peut-il être un levier d’autonomisation pour les jeunes filles ? C’est le pari réussi de l’atelier organisé les 20 et 21 août 2026 à l’École Nationale de Police de Ouagadougou, par l’AS Police Football en collaboration avec GENIT CARE AFRICA. Placée sous le thème « Autonomisation de la jeune fille à travers le football », cette initiative a réuni près d’une centaine de jeunes footballeuses issues de l’AS Police Football USO; GAZELLE FC, l’EFO et de Gazelle FC, toutes mineures, autour d’un programme dense mêlant formation, sensibilisation et mentorat. L’activité était placée sous le patronage de l’Inspectrice Général de Police Denise SEBGO, conseillère technique au ministère de la Sécurité, et sous le marrainage de la Commissaire Divisionnaire de Police Natacha ZOUNGRANA, Directrice régionale de la Police nationale de l’Oubri et Présidente de l’Association des fonctionnaires féminins de la Police nationale du Burkina Faso (AFFPN-BF).

Au-delà du terrain : éduquer, protéger, autonomiser

L’ambition de l’atelier allait bien au-delà de la seule pratique sportive. Il s’agissait d’outiller les jeunes filles pour qu’elles puissent construire un avenir équilibré — en conciliant leur passion pour le football avec la réussite scolaire, la protection de leur santé et la connaissance de leurs droits.

GENIT CARE AFRICA a joué un rôle central dans les volets les plus sensibles et les plus déterminants de cette formation. Le Dr Josiane Ouédraogo, gynécologue-obstétricienne et Présidente de l’association, a animé deux sessions de fond : l’une consacrée aux droits en matière de santé sexuelle et reproductive, l’autre aux violences basées sur le genre (VBG). Elle a insisté sur les stéréotypes et discriminations qui peuvent être sources de rapports inégalitaires pouvant induire des VBG. Ces espaces de dialogue ont permis aux jeunes participantes de s’informer, de questionner et de mieux comprendre les réalités auxquelles elles peuvent être confrontées dans leur environnement social et sportif. Mme Marie Madeleine Sawadogo, sage-femme au sein de l’équipe GCA, a quant à elle animé une démonstration pratique d’autopalpation des seins — un geste simple, mais fondamental pour l’appropriation du corps et la prévention santé.

Des modèles inspirants pour une génération qui se construit

L’atelier a également été marqué par des sessions de mentorat de grande qualité, avec des femmes aux parcours exceptionnels : Charlotte Millogo, footballeuse internationale burkinabè, Malicka Séré, PDG de GEGA, Maimouna Ouédraogo, Inspectrice générale affectée à la MONUSCO, et Awa Ilboudo, arbitre internationale féminine. Autant de figures qui ont démontré, par leurs trajectoires, qu’il est possible de réussir sa vie de femme tout en excellant dans son domaine.

Des remerciements sincères

GENIT CARE AFRICA tient à exprimer sa profonde gratitude aux personnes dont l’engagement a été déterminant dans la réussite de cet atelier. Un remerciement sincère au Commissaire Divisionnaire de Police B. Armiyaho Zongo, Président de l’AS Police, pour sa vision et son soutien à cette initiative. Toute notre reconnaissance va également à la Commissaire de Police Pingwendé Isabelle Ouangraoua/Sawadogo, Responsable de la section football féminin, pour sa mobilisation sans faille, ainsi qu’à Mme Marie Madeleine Sawadogo, sage-femme de l’équipe GCA, pour la qualité et la bienveillance de ses interventions auprès des jeunes participantes.

Une première édition prometteuse

La forte participation et l’engagement actif des jeunes filles tout au long des deux journées témoignent de l’utilité et de la pertinence de ce type d’initiative. GENIT CARE AFRICA s’engage à poursuivre et à renforcer ce partenariat, avec la conviction qu’une jeune fille informée, protégée et confiante en elle-même est une jeune fille capable de transformer sa communauté.


GENIT CARE AFRICA

[Interview] Burkina : la fistule obstétricale, cette maladie honteuse qui tue la dignité des femmes

La fistule obstétricale reste un problème majeur de santé publique dans plusieurs pays africains, notamment au Burkina Faso. Malgré les progrès accomplis en matière de santé maternelle, des cas continuent d’être enregistrés, en particulier dans les zones reculées où l’accès à des soins obstétricaux de qualité demeure limité. Chaque année, des milliers de femmes vivent avec cette complication, qui entraîne des fuites permanentes d’urine ou de selles. Au-delà des conséquences médicales, la fistule est souvent source d’exclusion sociale, de perte de revenus et, dans bien des cas, de profonde détresse psychologique, pouvant aller jusqu’à la dépression. Pour mieux comprendre cette maladie, ses causes, les moyens de prévention et les possibilités de prise en charge, Libre Info est allé à la rencontre du Dr Josiane Ouédraogo, gynécologue-obstétricienne et présidente de l’Association Genitcare.

Propos recueillis par Sandra Traoré

Libre Info : Docteur, qu’est-ce qu’une fistule obstétricale et comment se manifeste-t-elle ?

Dr Josiane Ouédraogo : La fistule obstétricale est une grave complication de l’accouchement. Elle survient lorsqu’une femme connaît un travail long et difficile sans bénéficier d’une prise en charge médicale rapide.

Concrètement, pendant un accouchement bloqué, la tête du bébé reste coincée dans le bassin. Cette pression prolongée interrompt la circulation sanguine vers les tissus situés entre la vessie et le vagin, ou entre le rectum et le vagin. Les tissus finissent par nécroser, créant ainsi un orifice anormal.

Si ce trou relie la vessie au vagin, on parle de fistule vésico-vaginale : la femme perd continuellement ses urines par le vagin. S’il relie le rectum au vagin, il s’agit d’une fistule recto-vaginale : ce sont les selles qui s’écoulent par le vagin.

En résumé, la fistule obstétricale est une ouverture anormale survenant après un accouchement difficile. Elle entraîne des fuites permanentes d’urine ou de selles, avec de lourdes répercussions sur la santé, la dignité et la vie sociale des femmes. Cette pathologie est souvent liée à un accès insuffisant à des soins obstétricaux de qualité, aux inégalités sociales et à une prise en charge tardive des accouchements compliqués.

Libre Info : Quelles sont les principales causes de la fistule obstétricale ?

Dr Josiane Ouédraogo : La cause principale est le retard dans l’accès à une assistance qualifiée lors de l’accouchement, ce qui renvoie aux trois retards classiques :

· le retard dans la décision de chercher des soins ;

· le retard dans l’accès à une structure de santé ;

· le retard dans la prise en charge une fois arrivée au centre.

Derrière ces retards se cachent plusieurs facteurs : l’ignorance, la pauvreté, le manque d’éducation, les mariages précoces, l’absence d’espacement des naissances et le non-respect des droits humains.

Libre Info : Quels sont les organes généralement touchés ?

Dr Josiane Ouédraogo : Les organes les plus souvent atteints sont la vessie, l’utérus, le vagin et le rectum.

On distingue principalement trois types de fistules :

· la fistule vésico-utérine : communication anormale entre la vessie et l’utérus ;

· la fistule vésico-vaginale : communication entre la vessie et le vagin ;

· la fistule recto-vaginale : communication entre le rectum et le vagin.

D’autres formes existent, mais elles sont plus rares.

Libre Info : Pourquoi les pertes urinaires ou fécales sont-elles les principaux symptômes ?

Dr Josiane Ouédraogo : Normalement, lorsque vous ressentez l’envie d’uriner, vous pouvez vous retenir grâce à des muscles qui se contractent. Mais en cas de fistule, le trou crée un passage anormal qui contourne ce système. L’urine s’écoule sans que la femme puisse la contrôler.

C’est le même mécanisme pour les selles : le sphincter anal, puissant muscle de retenue, est contourné en cas de fistule recto-vaginale. Pendant l’accouchement difficile, la tête du bébé comprime les tissus mous, qui finissent par se déchirer et former ces passages anormaux.

Ainsi, une femme atteinte de fistule peut être assise dans un bureau de consultation tout en ayant des fuites qu’elle ne peut absolument pas maîtriser.

Libre Info : Quels sont les signes de la fistule obstétricale ?

Dr Josiane Ouédraogo : Le signe principal est une fuite permanente et incontrôlable d’urine, ce que les médecins appellent une incontinence urinaire.

La femme est constamment mouillée et dégage une forte odeur d’urine. Son entourage peut la percevoir comme « sale », alors qu’elle n’a aucun contrôle sur cette situation. Le contact permanent de l’urine avec la peau provoque souvent des irritations et des lésions, notamment au niveau des fesses et des parties intimes.

Au-delà des manifestations physiques, la fistule entraîne de lourdes conséquences sociales : beaucoup de femmes s’isolent par honte, évitent les contacts et vivent dans une profonde souffrance. Comme le disent souvent les patientes : « Je suis tout le temps mouillée. » Cette fuite permanente bouleverse complètement leur quotidien.

Les répercussions psychologiques sont également majeures : certaines développent une dépression, perdent toute estime d’elles-mêmes et, dans les cas les plus graves, peuvent avoir des idées suicidaires. L’accouchement difficile peut aussi endommager les nerfs du bassin, entraînant des difficultés à marcher ou d’autres troubles neurologiques.

Libre Info : Pourquoi un travail prolongé peut-il provoquer une fistule ?

Dr Josiane Ouédraogo : La fistule obstétricale est souvent la conséquence d’un accouchement long et difficile, marqué par les trois retards évoqués plus haut.

· Premier retard : au sein de la famille, la décision d’emmener la femme à l’hôpital est parfois prise trop tard. Les moyens de transport sont souvent précaires (charrette, moto), et en saison des pluies, les routes deviennent impraticables.

· Deuxième retard : au premier contact avec le système de santé, généralement un centre de santé de base (CSPS), qui ne dispose pas toujours du plateau technique nécessaire. La femme doit alors être transférée vers un établissement mieux équipé.

· Troisième retard : dans la structure de référence, la prise en charge peut nécessiter la mobilisation de toute une équipe (gynécologue, anesthésiste, infirmiers), ce qui prend un temps précieux.

L’accumulation de ces retards prolonge le travail et augmente considérablement le risque de fistule. Cette complication suit d’ailleurs la même logique que la mortalité maternelle : lorsque la femme ne décède pas, elle peut survivre avec de graves séquelles.

Au-delà des lésions physiques, la fistule entraîne souvent le rejet, l’abandon par le conjoint, la perte d’estime de soi et l’exclusion sociale. Pourtant, elle est évitable grâce à un suivi prénatal de qualité, un accouchement assisté par du personnel qualifié et une prise en charge rapide des complications.

Libre Info : Quel lien existe-t-il entre grossesses précoces et fistule ?

Dr Josiane Ouédraogo : Chez une très jeune fille, le bassin n’est pas encore complètement développé et les tissus de l’appareil génital sont immatures. À 12 ans, par exemple, le corps n’est pas prêt à supporter un accouchement comme celui d’une femme adulte.

En cas de travail prolongé, le bébé exerce une forte pression sur des tissus fragiles, ce qui peut provoquer des lésions et favoriser l’apparition d’une fistule. Le passage du bébé n’est pas suffisamment adapté, ce qui augmente considérablement le risque.

Libre Info : En quoi les difficultés d’accès aux soins et le manque de personnel qualifié favorisent-ils cette maladie ?

Dr Josiane Ouédraogo : L’assistance qualifiée à l’accouchement repose avant tout sur la présence d’une sage-femme, formée pour surveiller le travail, détecter les anomalies et prodiguer les premiers soins.

Si des complications surviennent, une prise en charge par un gynécologue-obstétricien ou un chirurgien, avec toute l’équipe nécessaire, est indispensable, notamment pour pratiquer une césarienne.

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) fixe des normes en matière de personnel qualifié, mais dans de nombreux pays, les ressources humaines en santé restent insuffisantes. Cette pénurie est un défi majeur, surtout dans les contextes humanitaires. Pourtant, une sage-femme peut, par une surveillance continue, identifier les premiers signes de complication et orienter la femme à temps.

Libre Info : Quelles sont les conséquences médicales de la fistule ?

Dr Josiane Ouédraogo : Les conséquences médicales sont lourdes. Les fuites permanentes favorisent les infections urinaires et génitales. L’humidité constante provoque des irritations, des plaies et des lésions cutanées, entraînant un inconfort permanent et des douleurs.

La fistule compromet également l’anatomie de l’appareil génital, ce qui peut rendre les rapports sexuels difficiles, voire impossibles, en raison des douleurs, des fuites et des odeurs. Dans bien des cas, le conjoint s’éloigne ou refuse tout rapport, ce qui affecte profondément la vie du couple et réduit les possibilités de procréation.

Libre Info : Au-delà de la santé, quelles sont les conséquences sociales et psychologiques ?

Dr Josiane Ouédraogo : Les répercussions sociales et psychologiques sont souvent encore plus douloureuses que les séquelles physiques.

Dans de nombreux cas, la femme perd son bébé, car la fistule survient après un accouchement compliqué qui se termine souvent par une mortinaissance. Ce deuil est déjà une épreuve très difficile.

À cela s’ajoute parfois le rejet du conjoint. En raison des odeurs et de l’absence de vie intime, certaines femmes sont abandonnées ou voient leur mari prendre une autre épouse. Elles se retrouvent isolées et privées de soutien familial.

Dans plusieurs communautés, la femme atteinte de fistule est stigmatisée. Certaines l’accusent à tort d’être une sorcière, d’avoir trompé son mari ou d’être punie pour une faute. Ces croyances renforcent son exclusion et détruisent son estime de soi.

La maladie a aussi des conséquences économiques : beaucoup de femmes ne peuvent plus exercer leurs activités génératrices de revenus. Si elles vendaient des produits au marché, les clients les évitent par peur ou à cause des préjugés. Elles perdent ainsi leur autonomie financière.

En résumé, la fistule obstétricale ne touche pas seulement le corps. Elle bouleverse toute la vie de la femme : santé, vie de couple, maternité, équilibre psychologique, intégration sociale et autonomie économique. C’est pourquoi sa prévention, sa prise en charge et la lutte contre la stigmatisation sont essentielles.

Libre Info : Pourquoi certaines femmes victimes de fistule se retrouvent-elles isolées ou rejetées ?

Dr Josiane Ouédraogo : Dans de nombreuses communautés, cette maladie est entourée de préjugés. Certaines femmes sont accusées de sorcellerie ou d’infidélité. Il arrive même qu’on leur demande d’avouer une prétendue tromperie pendant l’accouchement, en leur faisant croire qu’elles seront guéries après cet aveu. Quand elles refusent, leur état est interprété comme une punition.

À force d’entendre ces accusations, la femme finit par se sentir responsable. Elle perd confiance en elle. Autrefois active et épanouie, elle se retrouve exclue de la vie sociale, parfois confinée chez elle, et n’est plus consultée dans les décisions familiales.

La fistule a aussi un impact économique : une femme qui vendait du soumbala, des beignets ou des galettes perd sa clientèle, car les gens la considèrent comme « sale » à cause des odeurs. Elle perd ses moyens de subsistance.

Sa vie conjugale est également bouleversée : les rapports sexuels deviennent difficiles, voire impossibles, et son mari peut la rejeter. Dans certains cas, l’utérus est si endommagé qu’il ne peut plus porter une grossesse. En Afrique, où la maternité est une valeur centrale, cette incapacité est vécue comme une perte immense.

Les croyances populaires aggravent encore la stigmatisation. Dans certaines communautés, la belle-famille refuse de prendre en charge la femme et la renvoie dans sa famille d’origine.

L’ignorance est la principale cause de cette stigmatisation : faute de comprendre l’origine médicale de la fistule, on l’associe à des causes mystiques ou surnaturelles. Certains y voient une malédiction ou une sanction divine.

À cela s’ajoute la honte ressentie par les femmes elles-mêmes. Les fuites incontrôlées peuvent provoquer des odeurs gênantes dans les lieux publics ou les transports. Par peur du regard des autres, beaucoup préfèrent s’isoler volontairement. Elles finissent par se replier sur elles-mêmes, tandis que leur entourage les regarde avec méfiance ou les rejette complètement.

Libre Info : Peut-on prévenir la fistule obstétricale et quelles sont les mesures les plus efficaces ?

Dr Josiane Ouédraogo : Oui, la fistule obstétricale est une maladie largement évitable.

La première mesure consiste à lutter contre le mariage précoce. Une jeune fille ne devrait être ni mariée ni enceinte avant que son corps soit suffisamment développé. Respecter l’âge légal du mariage et retarder la première grossesse réduisent considérablement les risques.

Il est également essentiel de promouvoir la planification familiale et l’espacement des naissances, afin de préserver la santé des femmes et de mieux préparer chaque grossesse.

L’éducation des filles joue aussi un rôle déterminant : une jeune fille qui poursuit sa scolarité est mieux informée sur sa santé, connaît ses droits et prend plus facilement des décisions favorables à son bien-être. L’autonomisation économique des femmes est un autre levier clé : une femme disposant de ressources financières peut accéder plus rapidement aux soins en cas de complication.

La prévention repose surtout sur un suivi régulier de la grossesse et un accouchement assisté par un personnel qualifié. En cas de difficulté, une prise en charge rapide – notamment une césarienne si nécessaire – permet d’éviter les lésions à l’origine de la fistule.

Au Burkina Faso, la politique de gratuité des soins de santé maternelle (consultations prénatales, accouchements et césariennes) constitue un atout majeur, en réduisant les obstacles financiers. La prévention est d’ailleurs le premier pilier de la lutte contre la fistule : elle passe par la sensibilisation des communautés, l’accès à des soins de qualité et la protection des droits des femmes et des jeunes filles.

Libre Info : La fistule obstétricale peut-elle être complètement guérie aujourd’hui ? Comment se fait la prise en charge ?

Dr Josiane Ouédraogo : Oui. Lorsqu’elle est diagnostiquée rapidement, certaines petites fistules peuvent cicatriser grâce à la pose d’une sonde urinaire pendant dix jours à deux semaines.

En revanche, lorsque la lésion est plus importante, une intervention chirurgicale est nécessaire. Au Burkina Faso, cette prise en charge est gratuite. Les résultats sont très encourageants : entre 90 et 95 % des femmes opérées guérissent complètement et retrouvent une vie normale.

Cependant, l’accès aux soins spécialisés reste un défi, car les structures de prise en charge sont encore peu nombreuses dans certaines régions. C’est pourquoi les autorités sanitaires, avec l’appui de partenaires techniques et financiers et d’organisations comme GenitCare, poursuivent leurs efforts pour rapprocher les services des femmes qui en ont besoin.

Libre Info : Où en est aujourd’hui la lutte contre la fistule obstétricale au Burkina Faso et quels sont les principaux défis à relever ?

Dr Josiane Ouédraogo : Le gouvernement burkinabè est pleinement conscient que la fistule obstétricale est une pathologie évitable. C’est pourquoi il a mis en place la gratuité des soins, notamment pour les accouchements et les césariennes, afin de lever les barrières financières. Lorsqu’une femme sait que les soins sont gratuits, elle est davantage encouragée à consulter rapidement.

La prévention repose également sur le renforcement des Soins Obstétricaux et Néonataux d’Urgence (SONU), qui constituent un pilier essentiel. À cela s’ajoutent d’autres actions indispensables : la scolarisation et l’alphabétisation des filles, leur autonomisation économique, la lutte contre les mariages précoces et la promotion de la planification familiale. Les subventions de l’État viennent appuyer ces efforts.

En ce qui concerne la prise en charge, le traitement est avant tout chirurgical. Comme je l’ai indiqué, la pose d’une sonde urinaire peut suffire pour les petites fistules, mais ces cas restent rares. Pour les lésions plus importantes, l’intervention chirurgicale s’impose.

Au Burkina Faso, ce traitement est également gratuit. Mais l’accès aux soins demeure difficile, car les structures capables de réaliser ces interventions sont peu nombreuses et souvent soutenues par des partenaires techniques et financiers. Les centres publics rencontrent parfois des difficultés pour assurer cette prise en charge.

À titre d’exemple, l’organisation GenitCare travaille en collaboration avec l’hôpital de Ouahigouya pour contribuer à la prise en charge des femmes souffrant de fistule. Certaines fistules complexes nécessitent plusieurs interventions avant une guérison complète. Malgré ces difficultés, le message reste porteur d’espoir : la fistule obstétricale est une affection qui peut être guérie.

Au-delà du traitement médical, la réinsertion sociale constitue une étape essentielle. La réparation chirurgicale ne se limite pas à refermer une lésion anatomique : les conséquences psychologiques, sociales et économiques demeurent importantes et exigent un accompagnement adapté.

Après une période de repos recommandée suivant l’intervention, la femme peut retrouver sa capacité à concevoir. Il est donc indispensable de favoriser sa réinsertion psychologique, sociale et économique. Beaucoup de patientes vivent dans une grande précarité et manquent même de savon pour assurer leur hygiène quotidienne. Il est essentiel de leur offrir des formations professionnelles, de soutenir leur autonomie financière et de faciliter leur retour dans la société.

Enfin, la coordination des actions constitue le dernier pilier de la lutte. Cette mission revient principalement à la Direction de la santé de la famille du ministère de la Santé, en collaboration avec le ministère de l’Action humanitaire et les différents partenaires. Ensemble, ils identifient les femmes atteintes, organisent leur prise en charge et leur apportent un accompagnement global. Dans certains cas, il est même nécessaire de répondre à leurs besoins alimentaires, car, comme le rappelle le spécialiste, « la nourriture est le premier médicament ». C’est grâce à la synergie de tous ces acteurs qu’il est possible d’offrir aux femmes concernées une véritable chance de guérison et de réinsertion.

Libre Info : Quel message souhaitez-vous adresser aux femmes victimes de fistule et aux familles pour encourager la prévention et la prise en charge ?

Dr Josiane Ouédraogo : La fistule obstétricale n’est pas une fatalité.

Son élimination est une priorité nationale au Burkina Faso. Chaque année, cette maladie prive de nombreuses femmes de leur dignité, de leur santé, de leur liberté et de leur place au sein de leur famille et de leur communauté. Pourtant, elle est évitable et guérissable. Grâce à la sensibilisation, à un meilleur accès à des soins obstétricaux de qualité et à une prise en charge adaptée, nous pouvons redonner espoir à des milliers de femmes.

J’appelle également toutes les personnes de bonne volonté à se mobiliser. Votre soutien est essentiel. Rejoignez les organisations engagées dans cette lutte, notamment GenitCare, afin qu’ensemble nous unissions nos forces pour mettre fin à la fistule obstétricale.

À la société tout entière, je lance un appel : ne rejetons pas les femmes atteintes de fistule. Elles ont besoin de notre soutien, de notre compassion et de notre solidarité, non de stigmatisation. Lorsqu’une femme retrouve sa santé et sa dignité, c’est toute sa famille, sa communauté et le Burkina Faso qui en bénéficient.

Les femmes du Burkina Faso comptent. Toutes les femmes comptent. Ensemble, redonnons de l’espoir à celles qui souffrent de la fistule obstétricale et bâtissons un Burkina Faso plus solidaire, plus inclusif et plus prospère.

JEUNESSE : AU-DELÀ DES DIFFÉRENCES, DES ASPIRATIONS QUI NOUS RASSEMBLENT

Mercredi, 12 Août 2026À l’occasion de la Journée internationale de la jeunesse, THIO Eboubié Cledia Laurelle, jeune membre de l’Alliance des Jeunes pour le Développement Communautaire (AJDC), livre une réflexion sur les réalités contrastées de la jeunesse et les aspirations communes qui l’animent.

Dans un monde marqué par de profondes disparités, être jeune ne signifie pas vivre les mêmes réalités. Selon les pays, les familles et les contextes sociaux, les jeunes sont confrontés à des niveaux différents d’accès à l’éducation, aux ressources, à l’emploi et aux opportunités.

Dans sa prise de position à l’occasion de la Journée internationale de la jeunesse, THIO Eboubié Cledia Laurelle invite toutefois à regarder au-delà de ces différences. Pour elle, qu’ils vivent dans un environnement stable ou dans un contexte marqué par les crises, les conflits, la pauvreté ou l’insécurité, les jeunes partagent des aspirations fondamentales : vivre dignement, travailler, prendre soin de leurs familles, vivre en paix et pouvoir réaliser leurs rêves.

Transformer les difficultés en force

Face aux nombreux défis auxquels la jeunesse est confrontée, la jeune membre de l’AJDC estime que les difficultés peuvent aussi devenir un moteur de résilience et d’innovation. Sans banaliser les inégalités et les crises, elle appelle les jeunes à développer leur capacité d’adaptation, à rechercher des solutions et à construire malgré les obstacles.

Cette vision repose sur une conviction forte : les expériences difficiles peuvent contribuer à former une génération davantage consciente de la valeur de la paix, de l’égalité, de l’éducation et de l’accès aux opportunités.

Une responsabilité envers les générations futures

Pour THIO Eboubié Cledia Laurelle, la jeunesse ne doit pas seulement chercher à améliorer ses propres conditions de vie. Elle porte également la responsabilité de contribuer à la construction d’un monde meilleur pour les générations futures.

« Nous ne choisissons pas toujours le contexte dans lequel nous grandissons. Mais nous pouvons choisir ce que nous en faisons. »

À travers cette réflexion, elle lance ainsi un message d’espoir et de responsabilité : malgré la diversité des contextes, les aspirations de la jeunesse restent profondément communes. Une convergence qui peut devenir une force pour bâtir des sociétés plus inclusives, pacifiques et porteuses d’opportunités.

Bonne Journée internationale de la jeunesse à toutes et à tous.

Genit Care Africa

Gratuité des soins au Burkina Faso : une politique à consolider pour les femmes et les enfants

Ouagadougou, 30 juillet 2026. La gratuité des soins de santé au profit des femmes enceintes et des enfants de moins de cinq ans est l’une des politiques sociales les plus emblématiques du Burkina Faso. Instituée par décret présidentiel en 2016, elle traduit une ambition forte : lever les obstacles financiers qui, combinés aux inégalités de genre, empêchent des millions de femmes et d’enfants d’accéder à des soins essentiels dans les structures publiques de santé.

C’est dans ce cadre que GENIT CARE AFRICA a pris part, les 14 et 15 juillet 2026 à Ouagadougou, au Forum national sur les politiques macroéconomiques sensibles au Genre au Burkina Faso. L’occasion pour l’association de contribuer à la co-production d’une note de synthèse — ou Policy Brief — initiée par l’ONG Christian Aid et son partenaire ATAD dans le cadre du projet Making Tax Work for Women (2024-2025), en présence d’organisations de la société civile dont BUSINESS AND PROFESSIONAL WOMEN.

Des acquis réels et reconnus

L’analyse conduite par Christian Aid et ses partenaires confirme que la politique nationale de gratuité des soins est bien connue et favorablement perçue par les populations. Ses effets sont tangibles : réduction des inégalités d’accès aux services de santé, atténuation des barrières financières, diminution des dépenses des ménages et renforcement de la prévention de la mortalité maternelle et infantile. Ces résultats placent cette politique en bonne position parmi les mesures en faveur du genre au Burkina Faso.

Des défis structurels qui persistent

Malgré ces avancées, la mise en œuvre de la politique se heurte à des obstacles majeurs que les bénéficiaires elles-mêmes ont rarement l’occasion d’exprimer. Les ruptures fréquentes de médicaments, de consommables et de réactifs compromettent la continuité des soins. Les coûts indirects pour les ménages — transport, alimentation, accompagnement — demeurent une réalité. Les longs délais d’attente et les insuffisances dans l’accueil altèrent la perception de la gratuité. Et l’augmentation rapide de la fréquentation des centres de santé n’a pas été accompagnée des investissements nécessaires en infrastructures et en personnel qualifié, mettant les agents de santé sous une pression croissante. À cela s’ajoutent des retards de remboursement aux formations sanitaires qui fragilisent la gouvernance de l’ensemble du dispositif.

Des recommandations portées par les bénéficiaires

Le Policy Brief formule des recommandations concrètes issues des bénéficiaires directs et indirects, de la société civile, des professionnels de santé et des instances parlementaires. Il s’agit notamment de garantir la disponibilité permanente des médicaments et consommables, d’intégrer les pharmacies privées dans le dispositif, d’améliorer le management des personnels de santé, de renforcer les mécanismes de financement communautaire et d’élargir le paquet de gratuité aux soins préventifs et aux groupes vulnérables.

La position de GENIT CARE AFRICA

Pour GENIT CARE AFRICA, cet investissement ne peut être pleinement efficace sans une prise en charge effective de la fistule obstétricale — cette blessure silencieuse qui continue de dévaster la vie de milliers de femmes burkinabè. L’association souscrit pleinement à la conclusion du Policy Brief : il faut faire de la gratuité des soins un investissement stratégique et non une simple dépense budgétaire, et en faire un levier puissant de l’émancipation des femmes et du développement durable du Burkina Faso. En marge du forum, un plaidoyer pour l’amendement de la Loi Organique relative à la Loi des Finances (LOLF) a également été porté, afin d’y inscrire des indicateurs sensibles au genre — une avancée institutionnelle que GENIT CARE AFRICA soutient avec conviction.

GENIT CARE AFRICA

CIPD+30 au Burkina Faso : GENIT CARE AFRICA a participé aux 24H de débats sur la démographie

Ouagadougou, le 23 juillet 2026. Il y a trente ans, la Conférence Internationale sur la Population et le Développement (CIPD) posait un principe fondateur : placer les populations au cœur du développement durable, en privilégiant les droits humains, la santé sexuelle et reproductive, et l’autonomisation des femmes. Trois décennies plus tard, où en est le Burkina Faso ?

C’est à cette question exigeante que des experts, des acteurs du développement et de nombreux jeunes ont tenté de répondre lors des 24 heures de débats sur la démographie, organisées par le MINISTERE DE L’ECONOMIE ET DES FINANCES à laquelle ont participé GENIT CARE AFRICA et l’Alliance des Jeunes pour le Développement Communautaire (AJDC) à l’occasion de la 36e Journée Mondiale de la Population.

Des avancées réelles, mais insuffisantes

Le bilan est nuancé. Le Burkina Faso enregistre des progrès tangibles depuis 1994 : hausse de l’espérance de vie, baisse du niveau de fécondité, amélioration de la scolarisation des filles et progression de la participation économique des femmes. Des avancées que le Directeur des politiques de population, Issa Zongo, a rappelées lors de la communication inaugurale, soulignant que ces résultats sont le fruit d’engagements politiques soutenus et d’efforts collectifs.

Mais ces progrès restent fragiles. Dans un pays où plus de 80% de la population a moins de 35 ans, les besoins en santé sexuelle et reproductive des jeunes demeurent largement non couverts. L’accès aux services de planification familiale, l’éducation sexuelle complète et la lutte contre les grossesses précoces restent des défis majeurs — en particulier dans les zones rurales et les régions affectées par l’insécurité.

La jeunesse, dividende ou bombe à retardement ?

Avec 72% de sa population en âge de travailler, le Burkina Faso dispose d’un potentiel démographique considérable. Mais ce dividende ne se réalisera que si les conditions sont réunies : instruction de qualité, insertion professionnelle effective, accès aux soins et respect des droits reproductifs. Comme l’a affirmé le représentant du Ministère de l’Économie lors du discours d’ouverture : « Investir dans la jeunesse, c’est investir dans la paix et dans un avenir souverain. »

Pour GENIT CARE AFRICA, cet investissement ne peut être complet sans intégrer pleinement les droits sexuels et reproductifs dans les politiques de jeunesse. Une adolescente privée d’information sur sa santé reproductive, sans accès à des services adaptés ou exposée aux violences basées sur le genre, ne peut pas être l’actrice de développement que le pays appelle de ses vœux.

L’engagement de la société civile

La participation active de GENIT CARE AFRICA à ces débats traduit une conviction : les organisations de la société civile ont un rôle irremplaçable pour porter les plaidoyers auprès des institutions pour que le plaidoyer soit assez fort. Trente ans après la CIPD, les droits reproductifs des femmes et des filles ne sont pas une option, ils sont une condition du développement durable du Burkina Faso.

La jeunesse burkinabè représente un dividende démographique exceptionnel. Sa transformation en levier de développement durable passe par trois impératifs : investir dans l’instruction, renforcer l’employabilité, et assurer l’inclusion numérique. GCA et l’AJDC s’engagent à porter ces combats, du terrain aux espaces de décision.

GENIT CARE AFRICA

1 911 enfants et personnes vulnérables retirés de la rue :

Du 24 juin au 3 juillet 2026, le Ministère de la Famille et de la Solidarité, en collaboration avec la Brigade Laabal et la Police Nationale, a retiré 1 911 personnes des rues de Ouagadougou, dont 1 396 enfants. Ces chiffres bouleversants trouvent écho dans le travail de terrain mené depuis 2023 par Genit Care Africa à travers son projet « Manger ensemble, Grandir ensemble » — une réponse concrète, humaine et durable à la vulnérabilité des enfants de la rue.

LES CHIFFRES QUI INTERPELLENT

1 911 Personnes retirées de la rue 73,05 % D’enfants parmi les retirés 75 % De talibés parmi les enfants

UNE RÉALITÉ QUI EXIGE DES SOLUTIONS DURABLES

Près de trois personnes sur quatre retirées des rues de Ouagadougou étaient des enfants. Parmi eux, trois sur quatre étaient des talibés — des enfants confiés à des maîtres coraniques et contraints à mendier pour survivre. Ces chiffres ne sont pas des statistiques abstraites. Ce sont des visages, des histoires, des enfances confisquées.

Pour le Camarade Ministre Lieutenant-colonel Passowendé Pélagie KABORÉ, la conviction est absolue : « aucun enfant ne devrait grandir dans la rue et aucune personne vulnérable ne devrait être abandonnée à la mendicité. » Une conviction que Genit Care Africa partage et incarne sur le terrain depuis trois années.

GCA : DE LA RUE À LA DIGNITÉ, UN MERCREDI À LA FOIS

Tandis que l’État mène ses opérations de retrait, Genit Care Africa construit, chaque mercredi depuis avril 2023, une réponse complémentaire et durable à travers de micros projets de trois mois par an. À travers son projet « Manger ensemble, Grandir ensemble » (MEGE), l’association accueille les enfants de la rue dans un espace protecteur, éducatif et inclusif.

Au fil des 12 séances réalisées en 2026, ces enfants ont bénéficié d’un cadre bienveillant qui leur a offert bien plus qu’un repas chaud :

Des ateliers de création artistique — peinture, coloriage, dessin — pour libérer leur expression

Une formation pratique en fabrication de sacs biodégradables et confection en papier recyclé

Une éducation aux droits fondamentaux : droit à l’éducation, à la santé, à la protection

Des sessions de sensibilisation à l’égalité de genre, à la masculinité positive et à la lutte contre les VBG

Un engagement solennel contre l’excision — les enfants comme premiers acteurs du changement

Un soutien inclusif aux enfants en situation de handicap moteur et aux enfants autistes

UNE COMPLÉMENTARITÉ NÉCESSAIRE : ÉTAT + SOCIÉTÉ CIVILE

L‘opération nationale du Ministère de la Famille et de la Solidarité démontre la volonté de l’État burkinabè de protéger ses enfants les plus vulnérables. Mais le retrait de la rue n’est qu’un premier pas. La véritable réinsertion — sociale, éducative, professionnelle — exige un accompagnement à long terme que des organisations comme GCA sont en mesure d’assurer.

C’est précisément cette chaîne de solidarité que GCA incarne : accueillir, nourrir, éduquer, former et redonner à chaque enfant la conviction qu’il a une place dans la société. Pas comme mendiant, mais comme citoyen.

LA PROTECTION DE L’ENFANCE EST UNE RESPONSABILITÉ COLLECTIVE Elle appelle l’engagement de l’État, des familles, des communautés religieuses et de chaque citoyen. GCA fait sa part — chaque mercredi, sans relâche. Rejoignez le mouvement.

1 911 personnes retirées de la rue en dix jours. Un chiffre qui dit l’urgence. Mais derrière chaque enfant accueilli chez GCA, il y a une histoire qui commence à se réécrire — lentement, dignement, un mercredi à la fois.

Sources : Direction de la Communication et des Relations Publiques / Ministère de la Famille et de la Solidarité (DCRP/MFS) — Ouagadougou, juillet 2026. | Genit Care Africa — Rapports d’activités MEGE 2026.

BURKINA FASO / LEADERSHIP FÉMININ — Orokiatou TRAORÉ, 46 poches de sang et une vie entière au service des autres

Il y a des actes qui parlent plus fort que tous les discours. Celui d’Orokiatou TRAORÉ en est la preuve vivante.


Ce Samedi 11 juillet 2026, lors de la célébration nationale de la Journée Mondiale du Donneur de Sang à Fada N’Gourma, cette femme d’exception a été élevée au rang de Chevalier de l’Ordre de mérite de la santé et de l’action sociale avec agrafe santé par le Ministre de la Santé, Dr Robert Lucien Jean-Claude KARGOUGOU. Une distinction méritée, qui couronne un engagement aussi discret que précieux : 46 poches de sang données bénévolement, autant de vies sauvées dans l’ombre et la générosité.
La cérémonie officielle, présidée par le Ministre de la Santé et parrainée par le Ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Pr Adjima THIOMBIANO, s’est tenue dans la salle polyvalente de Fada N’Gourma sous le thème porteur : « Une goutte d’humanité. Donnez du sang. Sauvez des vies. »

Une vocation née d’une rencontre

Tout a commencé simplement. Un agent du Centre National de Transfusion Sanguine (CNTS) passe dans son service (CNSS) pour une collecte et lui explique l’importance du don de sang. Ce jour-là, quelque chose change en elle. Depuis, sans interruption, elle donne.
« J’ai commencé à donner mon sang depuis le jour que le CNTS est passé à mon service pour une collecte. Depuis cette date et après le retrait de mes résultats, je donne de mon sang pour sauver des vies. » — Orokiatou TRAORÉ, Chevalier de l’Ordre de mérite de la santé


La femme : donneuse de vie et gardienne de la vie


Le geste d’Orokiatou TRAORÉ dépasse sa propre personne. Il interpelle toutes les femmes burkinabè. Car au-delà de donner la vie, la femme peut contribuer à la préserver par le don de sang, geste simple, accessible et salvateur.
Son message aux femmes est direct : « Les femmes doivent donner de leur sang pour sauver des vies » pour sauver des vies particulièrement lors des accouchements et des situations nécessitant une transfusion sanguine d’urgence.
Un appel qui résonne avec une acuité particulière dans le contexte de la santé maternelle au Burkina Faso, où l’hémorragie demeure la première cause de décès maternel.

GCA aux côtés des donneuses de sang

Genit Care Africa soutient pleinement cette dynamique. Promouvoir le don de sang bénévole, c’est agir directement pour la survie des femmes enceintes, des accouchées et de tous ceux qui dépendent des produits sanguins labiles pour survivre. Chaque poche de sang donnée est une mère sauvée, un enfant qui garde sa maman, une famille préservée.
La distinction d’Orokiatou TRAORÉ envoie un message fort : le leadership féminin ne se mesure pas seulement aux postes occupés. Il se mesure aussi aux vies sauvées, une poche de sang à la fois.

Genit Care Africa, Burkina Faso

LEADERSHIP FÉMININ — Genit Care Africa primée sur la scène internationale : le Burkina Faso rayonne aux Caraïbes

C’est sous le soleil de Saint-Kitts-et-Nevis, dans l’archipel des Caraïbes, que s’est tenu du 17 au 21 novembre 2024 le XXXIe Congrès International de la BPW (Business and Professional Women). Un rendez-vous mondial de référence, qui a réuni des milliers de femmes cheffes d’entreprise et professionnelles venues des quatre coins du globe pour débattre de développement économique, voter des résolutions stratégiques et renforcer les solidarités entre femmes leaders.

La délégation burkinabè était au rendez-vous. Et elle n’est pas rentrée les mains vides.

GCA primée pour son leadership en santé

Représentant la Fédération BPW Burkina Faso, Genit Care Africa (GCA) — à travers sa Présidente Josiane OUEDRAOGO — a reçu lors de ce congrès un prix international reconnaissant son leadership dans la santé des jeunes et des femmes. Une distinction qui consacre des années d’engagement sur le terrain burkinabè en matière de santé sexuelle et reproductive, de lutte contre les violences basées sur le genre et de protection de l’enfance.

Ce prix n’est pas seulement une fierté pour GCA. Il est un signal envoyé à toute l’Afrique du Sahel : le travail de terrain, mené avec rigueur et humanité, est vu, reconnu et honoré à l’échelle mondiale.

Un congrès sous le signe de la coopération et de la transformation

Placé sous le thème « New Action through Cooperation » (De nouvelles actions par la coopération), le congrès a orienté l’ensemble de ses travaux vers une ambition centrale : transformer la sororité en actions économiques et politiques concrètes. Les sessions thématiques ont abordé les grands défis du développement féminin mondial, dans une dynamique alliant plaidoyer, innovation et réseautage stratégique.

La Présidente de BPW International 2024–2027, Mme Dianna BARRANGA, a donné le ton dans son allocution inaugurale :

« Ensemble, sous la bannière de notre thème triennal « Inspirer, innover, autonomiser, transformer : ensemble, nous façonnons un avenir durable », nous tirons parti du pouvoir de la collaboration pour favoriser la croissance et susciter un changement significatif. Souvenons-nous également du besoin urgent de paix sur Terre pour tous, en particulier pour les femmes et les enfants, qui portent si souvent le fardeau le plus lourd en période de conflit et d’épreuves. »

Des mots qui résonnent avec une acuité particulière pour une organisation comme GCA, dont le mandat épouse précisément ces combats au quotidien.

Un réseautage stratégique au plus haut niveau

Au-delà de la distinction reçue, la participation de GCA à ce congrès a été l’occasion d’un réseautage de haut niveau. La délégation burkinabè a échangé avec le bureau international entrant, les présidentes de comité, ainsi que la Past President de BPW International, Dr Amany ASFOUR — dont l’accompagnement a été déterminant dans ce parcours — et Mme Antoinette, Past President de la délégation.

Une reconnaissance particulière est adressée à Mme Rasmata KABRÉ, Présidente de la Fédération BPW Burkina Faso, dont le soutien et la confiance ont rendu possible cette présence burkinabè aux Caraïbes.

Un rayonnement qui engage

Cette reconnaissance internationale confirme la trajectoire de Genit Care Africa : une organisation ancrée dans les réalités locales du Burkina Faso, mais connectée aux dynamiques mondiales de défense des droits des femmes et des jeunes. Être primée à Saint-Kitts-et-Nevis, c’est aussi porter plus haut la voix des femmes du Sahel sur la scène internationale.

Le combat continue. Avec plus de légitimité que jamais.

Genit Care Africa — Burkina Faso

ENFANCE & DROITS — « Manger ensemble, Grandir ensemble » : douze semaines, une aventure humaine inoubliable

Ce mercredi 24 juin 2026, le siège de Genit Care Africa (GCA) a accueilli la 12e et dernière séance du projet « Manger ensemble, Grandir ensemble » (MEGE) dans une ambiance à la fois chaleureuse et empreinte d’émotion. Une page se tournen, mais quel chemin parcouru.

Une dernière séance, fidèle à l’esprit du projet

Onze enfants ont participé à cette clôture dont 3 filles, 8 garçons et 1 enfant en situation de handicap moteur dans le même esprit d’inclusion, de bienveillance et de participation qui a caractérisé chacune des rencontres précédentes. La séance a débuté par un atelier de coloriage, avant que les enfants n’apportent les touches finales aux œuvres de peinture entamées lors des séances précédentes. Douze semaines de créativité trouvaient ainsi leur aboutissement dans des réalisations artistiques concrètes, témoins visibles d’un parcours d’apprentissage et d’expression.

Un engagement solennel contre l’excision

Moment fort de cette dernière séance : une sensibilisation au consentement et au respect de l’intégrité physique, adaptée à l’âge des enfants. Les participants ont été initiés à la signification du signe universel « Non à l’excision » , la lame barrée — symbole international de la lutte contre les mutilations génitales féminines.
À l’issue de cet échange, les enfants ont posé un geste symbolique d’engagement en reproduisant ce symbole. Par ce geste, ils ont exprimé collectivement leur volonté de contribuer à l’éradication de cette pratique néfaste et pris l’engagement solennel de ne jamais faire exciser leurs futurs enfants, ni d’encourager l’excision au sein de leur entourage.
Un moment de portée considérable : des enfants des rues, trop souvent invisibles aux yeux de la société, qui s’approprient les valeurs de protection, de respect et de dignité — et s’en font les défenseurs. C’est cela, aussi, la force du projet MEGE.

Une clôture dans la joie et la fierté

La séance s’est achevée par le repas communautaire partagé, fidèle rituel hebdomadaire qui a nourri corps et liens sociaux pendant trois mois. Une séance photo réunissant enfants et équipe d’animation a immortalisé ce dernier moment de complicité , sourires, fierté et émotion mêlés dans un cadre de vie qui, pour ces enfants, aura représenté bien plus qu’un programme : un espace d’existence, d’écoute et de dignité.

Douze semaines, une transformation

Au fil de ces douze rencontres hebdomadaires, le projet « Manger ensemble, Grandir ensemble » aura offert à des enfants vivant dans la rue un cadre structurant et bienveillant, au sein duquel ils ont pu développer leur créativité artistique, découvrir et s’approprier leurs droits fondamentaux, s’initier aux notions de protection contre les violences, d’égalité de genre et de vivre-ensemble, et bénéficier d’un espace d’écoute, d’expression et de partage rare dans leur quotidien.


Ce projet illustre avec force ce que l’action humanitaire a de plus noble : aller vers les plus vulnérables, les accueillir sans condition, et leur redonner la place qui leur revient de droit dans la société.
Genit Care Africa clôture ce chapitre avec fierté. Et prépare déjà le suivant.


Genit Care Africa

ENFANCE & DROITS — « Manger ensemble, Grandir ensemble » : la Journée de l’Enfant Africain célébrée dans l’inclusion et la créativité

Ce mercredi 17 juin 2026, le siège de Genit Care Africa (GCA) a accueilli la 11e séance du projet « Manger ensemble, Grandir ensemble » (MEGE) dans un contexte particulier et symbolique : celui de la Journée de l’Enfant Africain. Une coïncidence heureuse, saisie comme une opportunité pédagogique pour rappeler à chaque enfant présent que ses droits ne sont pas une abstraction , ils sont une réalité à connaître, à revendiquer et à défendre.

Une inclusion sans compromis

Treize enfants ont pris part à cette séance — 5 filles et 8 garçons. Parmi eux, un enfant en situation de handicap moteur et deux enfants autistes, dont la présence illustre avec force la philosophie inclusive qui guide chaque action de GCA : ici, aucun enfant n’est laissé au bord du chemin. L’inclusion n’est pas un slogan. C’est une pratique quotidienne, assumée et incarnée.

Créativité et motricité : l’art comme langage universel

La séance a débuté par un atelier de coloriage sur papier, offrant aux enfants un espace d’expression libre, propice au développement de la motricité fine dans une ambiance détendue. Les apprentissages se sont poursuivis à travers des exercices de dessin, dont une initiation au mélange des couleurs — apprendre à obtenir le vert à partir du jaune et du bleu — et des exercices pratiques au tableau. Des gestes simples, mais porteurs d’une découverte fondamentale : avec peu, on peut créer.

Droits de l’enfant : des mains qui parlent

À l’occasion de la Journée de l’Enfant Africain, l’équipe d’animation a introduit la notion des droits de l’enfant à travers une activité visuelle et participative. Des dessins représentant une main — symbole déjà familier aux enfants depuis les séances précédentes — ont été préparés, sur lesquels figuraient les droits fondamentaux : droit à l’éducation, à la santé, à la protection et à l’alimentation.

Les enfants ont présenté ces supports lors d’une séance photo collective, transformant un exercice pédagogique en moment de prise de conscience et de fierté. Car savoir que l’on a des droits, c’est déjà commencer à les défendre.

Le repas : bien plus qu’une assiette

Fidèle à l’esprit du projet, la séance s’est conclue par le repas communautaire partagé — moment de convivialité et de lien qui rappelle, semaine après semaine, que grandir ensemble, c’est aussi manger ensemble, échanger, sourire et exister aux yeux des autres.

Cette 11e séance aura été, à bien des égards, une célébration dans la célébration. Celle d’enfants qui apprennent, qui créent et qui découvrent leur valeur. Celle d’une organisation qui, chaque mercredi sans exception, choisit d’être présente, engagée et fidèle à sa mission : redonner à chaque enfant la place qui lui revient de droit.

Genit Care Africa