[Interview] Burkina : la fistule obstétricale, cette maladie honteuse qui tue la dignité des femmes

La fistule obstétricale reste un problème majeur de santé publique dans plusieurs pays africains, notamment au Burkina Faso. Malgré les progrès accomplis en matière de santé maternelle, des cas continuent d’être enregistrés, en particulier dans les zones reculées où l’accès à des soins obstétricaux de qualité demeure limité. Chaque année, des milliers de femmes vivent avec cette complication, qui entraîne des fuites permanentes d’urine ou de selles. Au-delà des conséquences médicales, la fistule est souvent source d’exclusion sociale, de perte de revenus et, dans bien des cas, de profonde détresse psychologique, pouvant aller jusqu’à la dépression. Pour mieux comprendre cette maladie, ses causes, les moyens de prévention et les possibilités de prise en charge, Libre Info est allé à la rencontre du Dr Josiane Ouédraogo, gynécologue-obstétricienne et présidente de l’Association Genitcare.

Propos recueillis par Sandra Traoré

Libre Info : Docteur, qu’est-ce qu’une fistule obstétricale et comment se manifeste-t-elle ?

Dr Josiane Ouédraogo : La fistule obstétricale est une grave complication de l’accouchement. Elle survient lorsqu’une femme connaît un travail long et difficile sans bénéficier d’une prise en charge médicale rapide.

Concrètement, pendant un accouchement bloqué, la tête du bébé reste coincée dans le bassin. Cette pression prolongée interrompt la circulation sanguine vers les tissus situés entre la vessie et le vagin, ou entre le rectum et le vagin. Les tissus finissent par nécroser, créant ainsi un orifice anormal.

Si ce trou relie la vessie au vagin, on parle de fistule vésico-vaginale : la femme perd continuellement ses urines par le vagin. S’il relie le rectum au vagin, il s’agit d’une fistule recto-vaginale : ce sont les selles qui s’écoulent par le vagin.

En résumé, la fistule obstétricale est une ouverture anormale survenant après un accouchement difficile. Elle entraîne des fuites permanentes d’urine ou de selles, avec de lourdes répercussions sur la santé, la dignité et la vie sociale des femmes. Cette pathologie est souvent liée à un accès insuffisant à des soins obstétricaux de qualité, aux inégalités sociales et à une prise en charge tardive des accouchements compliqués.

Libre Info : Quelles sont les principales causes de la fistule obstétricale ?

Dr Josiane Ouédraogo : La cause principale est le retard dans l’accès à une assistance qualifiée lors de l’accouchement, ce qui renvoie aux trois retards classiques :

· le retard dans la décision de chercher des soins ;

· le retard dans l’accès à une structure de santé ;

· le retard dans la prise en charge une fois arrivée au centre.

Derrière ces retards se cachent plusieurs facteurs : l’ignorance, la pauvreté, le manque d’éducation, les mariages précoces, l’absence d’espacement des naissances et le non-respect des droits humains.

Libre Info : Quels sont les organes généralement touchés ?

Dr Josiane Ouédraogo : Les organes les plus souvent atteints sont la vessie, l’utérus, le vagin et le rectum.

On distingue principalement trois types de fistules :

· la fistule vésico-utérine : communication anormale entre la vessie et l’utérus ;

· la fistule vésico-vaginale : communication entre la vessie et le vagin ;

· la fistule recto-vaginale : communication entre le rectum et le vagin.

D’autres formes existent, mais elles sont plus rares.

Libre Info : Pourquoi les pertes urinaires ou fécales sont-elles les principaux symptômes ?

Dr Josiane Ouédraogo : Normalement, lorsque vous ressentez l’envie d’uriner, vous pouvez vous retenir grâce à des muscles qui se contractent. Mais en cas de fistule, le trou crée un passage anormal qui contourne ce système. L’urine s’écoule sans que la femme puisse la contrôler.

C’est le même mécanisme pour les selles : le sphincter anal, puissant muscle de retenue, est contourné en cas de fistule recto-vaginale. Pendant l’accouchement difficile, la tête du bébé comprime les tissus mous, qui finissent par se déchirer et former ces passages anormaux.

Ainsi, une femme atteinte de fistule peut être assise dans un bureau de consultation tout en ayant des fuites qu’elle ne peut absolument pas maîtriser.

Libre Info : Quels sont les signes de la fistule obstétricale ?

Dr Josiane Ouédraogo : Le signe principal est une fuite permanente et incontrôlable d’urine, ce que les médecins appellent une incontinence urinaire.

La femme est constamment mouillée et dégage une forte odeur d’urine. Son entourage peut la percevoir comme « sale », alors qu’elle n’a aucun contrôle sur cette situation. Le contact permanent de l’urine avec la peau provoque souvent des irritations et des lésions, notamment au niveau des fesses et des parties intimes.

Au-delà des manifestations physiques, la fistule entraîne de lourdes conséquences sociales : beaucoup de femmes s’isolent par honte, évitent les contacts et vivent dans une profonde souffrance. Comme le disent souvent les patientes : « Je suis tout le temps mouillée. » Cette fuite permanente bouleverse complètement leur quotidien.

Les répercussions psychologiques sont également majeures : certaines développent une dépression, perdent toute estime d’elles-mêmes et, dans les cas les plus graves, peuvent avoir des idées suicidaires. L’accouchement difficile peut aussi endommager les nerfs du bassin, entraînant des difficultés à marcher ou d’autres troubles neurologiques.

Libre Info : Pourquoi un travail prolongé peut-il provoquer une fistule ?

Dr Josiane Ouédraogo : La fistule obstétricale est souvent la conséquence d’un accouchement long et difficile, marqué par les trois retards évoqués plus haut.

· Premier retard : au sein de la famille, la décision d’emmener la femme à l’hôpital est parfois prise trop tard. Les moyens de transport sont souvent précaires (charrette, moto), et en saison des pluies, les routes deviennent impraticables.

· Deuxième retard : au premier contact avec le système de santé, généralement un centre de santé de base (CSPS), qui ne dispose pas toujours du plateau technique nécessaire. La femme doit alors être transférée vers un établissement mieux équipé.

· Troisième retard : dans la structure de référence, la prise en charge peut nécessiter la mobilisation de toute une équipe (gynécologue, anesthésiste, infirmiers), ce qui prend un temps précieux.

L’accumulation de ces retards prolonge le travail et augmente considérablement le risque de fistule. Cette complication suit d’ailleurs la même logique que la mortalité maternelle : lorsque la femme ne décède pas, elle peut survivre avec de graves séquelles.

Au-delà des lésions physiques, la fistule entraîne souvent le rejet, l’abandon par le conjoint, la perte d’estime de soi et l’exclusion sociale. Pourtant, elle est évitable grâce à un suivi prénatal de qualité, un accouchement assisté par du personnel qualifié et une prise en charge rapide des complications.

Libre Info : Quel lien existe-t-il entre grossesses précoces et fistule ?

Dr Josiane Ouédraogo : Chez une très jeune fille, le bassin n’est pas encore complètement développé et les tissus de l’appareil génital sont immatures. À 12 ans, par exemple, le corps n’est pas prêt à supporter un accouchement comme celui d’une femme adulte.

En cas de travail prolongé, le bébé exerce une forte pression sur des tissus fragiles, ce qui peut provoquer des lésions et favoriser l’apparition d’une fistule. Le passage du bébé n’est pas suffisamment adapté, ce qui augmente considérablement le risque.

Libre Info : En quoi les difficultés d’accès aux soins et le manque de personnel qualifié favorisent-ils cette maladie ?

Dr Josiane Ouédraogo : L’assistance qualifiée à l’accouchement repose avant tout sur la présence d’une sage-femme, formée pour surveiller le travail, détecter les anomalies et prodiguer les premiers soins.

Si des complications surviennent, une prise en charge par un gynécologue-obstétricien ou un chirurgien, avec toute l’équipe nécessaire, est indispensable, notamment pour pratiquer une césarienne.

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) fixe des normes en matière de personnel qualifié, mais dans de nombreux pays, les ressources humaines en santé restent insuffisantes. Cette pénurie est un défi majeur, surtout dans les contextes humanitaires. Pourtant, une sage-femme peut, par une surveillance continue, identifier les premiers signes de complication et orienter la femme à temps.

Libre Info : Quelles sont les conséquences médicales de la fistule ?

Dr Josiane Ouédraogo : Les conséquences médicales sont lourdes. Les fuites permanentes favorisent les infections urinaires et génitales. L’humidité constante provoque des irritations, des plaies et des lésions cutanées, entraînant un inconfort permanent et des douleurs.

La fistule compromet également l’anatomie de l’appareil génital, ce qui peut rendre les rapports sexuels difficiles, voire impossibles, en raison des douleurs, des fuites et des odeurs. Dans bien des cas, le conjoint s’éloigne ou refuse tout rapport, ce qui affecte profondément la vie du couple et réduit les possibilités de procréation.

Libre Info : Au-delà de la santé, quelles sont les conséquences sociales et psychologiques ?

Dr Josiane Ouédraogo : Les répercussions sociales et psychologiques sont souvent encore plus douloureuses que les séquelles physiques.

Dans de nombreux cas, la femme perd son bébé, car la fistule survient après un accouchement compliqué qui se termine souvent par une mortinaissance. Ce deuil est déjà une épreuve très difficile.

À cela s’ajoute parfois le rejet du conjoint. En raison des odeurs et de l’absence de vie intime, certaines femmes sont abandonnées ou voient leur mari prendre une autre épouse. Elles se retrouvent isolées et privées de soutien familial.

Dans plusieurs communautés, la femme atteinte de fistule est stigmatisée. Certaines l’accusent à tort d’être une sorcière, d’avoir trompé son mari ou d’être punie pour une faute. Ces croyances renforcent son exclusion et détruisent son estime de soi.

La maladie a aussi des conséquences économiques : beaucoup de femmes ne peuvent plus exercer leurs activités génératrices de revenus. Si elles vendaient des produits au marché, les clients les évitent par peur ou à cause des préjugés. Elles perdent ainsi leur autonomie financière.

En résumé, la fistule obstétricale ne touche pas seulement le corps. Elle bouleverse toute la vie de la femme : santé, vie de couple, maternité, équilibre psychologique, intégration sociale et autonomie économique. C’est pourquoi sa prévention, sa prise en charge et la lutte contre la stigmatisation sont essentielles.

Libre Info : Pourquoi certaines femmes victimes de fistule se retrouvent-elles isolées ou rejetées ?

Dr Josiane Ouédraogo : Dans de nombreuses communautés, cette maladie est entourée de préjugés. Certaines femmes sont accusées de sorcellerie ou d’infidélité. Il arrive même qu’on leur demande d’avouer une prétendue tromperie pendant l’accouchement, en leur faisant croire qu’elles seront guéries après cet aveu. Quand elles refusent, leur état est interprété comme une punition.

À force d’entendre ces accusations, la femme finit par se sentir responsable. Elle perd confiance en elle. Autrefois active et épanouie, elle se retrouve exclue de la vie sociale, parfois confinée chez elle, et n’est plus consultée dans les décisions familiales.

La fistule a aussi un impact économique : une femme qui vendait du soumbala, des beignets ou des galettes perd sa clientèle, car les gens la considèrent comme « sale » à cause des odeurs. Elle perd ses moyens de subsistance.

Sa vie conjugale est également bouleversée : les rapports sexuels deviennent difficiles, voire impossibles, et son mari peut la rejeter. Dans certains cas, l’utérus est si endommagé qu’il ne peut plus porter une grossesse. En Afrique, où la maternité est une valeur centrale, cette incapacité est vécue comme une perte immense.

Les croyances populaires aggravent encore la stigmatisation. Dans certaines communautés, la belle-famille refuse de prendre en charge la femme et la renvoie dans sa famille d’origine.

L’ignorance est la principale cause de cette stigmatisation : faute de comprendre l’origine médicale de la fistule, on l’associe à des causes mystiques ou surnaturelles. Certains y voient une malédiction ou une sanction divine.

À cela s’ajoute la honte ressentie par les femmes elles-mêmes. Les fuites incontrôlées peuvent provoquer des odeurs gênantes dans les lieux publics ou les transports. Par peur du regard des autres, beaucoup préfèrent s’isoler volontairement. Elles finissent par se replier sur elles-mêmes, tandis que leur entourage les regarde avec méfiance ou les rejette complètement.

Libre Info : Peut-on prévenir la fistule obstétricale et quelles sont les mesures les plus efficaces ?

Dr Josiane Ouédraogo : Oui, la fistule obstétricale est une maladie largement évitable.

La première mesure consiste à lutter contre le mariage précoce. Une jeune fille ne devrait être ni mariée ni enceinte avant que son corps soit suffisamment développé. Respecter l’âge légal du mariage et retarder la première grossesse réduisent considérablement les risques.

Il est également essentiel de promouvoir la planification familiale et l’espacement des naissances, afin de préserver la santé des femmes et de mieux préparer chaque grossesse.

L’éducation des filles joue aussi un rôle déterminant : une jeune fille qui poursuit sa scolarité est mieux informée sur sa santé, connaît ses droits et prend plus facilement des décisions favorables à son bien-être. L’autonomisation économique des femmes est un autre levier clé : une femme disposant de ressources financières peut accéder plus rapidement aux soins en cas de complication.

La prévention repose surtout sur un suivi régulier de la grossesse et un accouchement assisté par un personnel qualifié. En cas de difficulté, une prise en charge rapide – notamment une césarienne si nécessaire – permet d’éviter les lésions à l’origine de la fistule.

Au Burkina Faso, la politique de gratuité des soins de santé maternelle (consultations prénatales, accouchements et césariennes) constitue un atout majeur, en réduisant les obstacles financiers. La prévention est d’ailleurs le premier pilier de la lutte contre la fistule : elle passe par la sensibilisation des communautés, l’accès à des soins de qualité et la protection des droits des femmes et des jeunes filles.

Libre Info : La fistule obstétricale peut-elle être complètement guérie aujourd’hui ? Comment se fait la prise en charge ?

Dr Josiane Ouédraogo : Oui. Lorsqu’elle est diagnostiquée rapidement, certaines petites fistules peuvent cicatriser grâce à la pose d’une sonde urinaire pendant dix jours à deux semaines.

En revanche, lorsque la lésion est plus importante, une intervention chirurgicale est nécessaire. Au Burkina Faso, cette prise en charge est gratuite. Les résultats sont très encourageants : entre 90 et 95 % des femmes opérées guérissent complètement et retrouvent une vie normale.

Cependant, l’accès aux soins spécialisés reste un défi, car les structures de prise en charge sont encore peu nombreuses dans certaines régions. C’est pourquoi les autorités sanitaires, avec l’appui de partenaires techniques et financiers et d’organisations comme GenitCare, poursuivent leurs efforts pour rapprocher les services des femmes qui en ont besoin.

Libre Info : Où en est aujourd’hui la lutte contre la fistule obstétricale au Burkina Faso et quels sont les principaux défis à relever ?

Dr Josiane Ouédraogo : Le gouvernement burkinabè est pleinement conscient que la fistule obstétricale est une pathologie évitable. C’est pourquoi il a mis en place la gratuité des soins, notamment pour les accouchements et les césariennes, afin de lever les barrières financières. Lorsqu’une femme sait que les soins sont gratuits, elle est davantage encouragée à consulter rapidement.

La prévention repose également sur le renforcement des Soins Obstétricaux et Néonataux d’Urgence (SONU), qui constituent un pilier essentiel. À cela s’ajoutent d’autres actions indispensables : la scolarisation et l’alphabétisation des filles, leur autonomisation économique, la lutte contre les mariages précoces et la promotion de la planification familiale. Les subventions de l’État viennent appuyer ces efforts.

En ce qui concerne la prise en charge, le traitement est avant tout chirurgical. Comme je l’ai indiqué, la pose d’une sonde urinaire peut suffire pour les petites fistules, mais ces cas restent rares. Pour les lésions plus importantes, l’intervention chirurgicale s’impose.

Au Burkina Faso, ce traitement est également gratuit. Mais l’accès aux soins demeure difficile, car les structures capables de réaliser ces interventions sont peu nombreuses et souvent soutenues par des partenaires techniques et financiers. Les centres publics rencontrent parfois des difficultés pour assurer cette prise en charge.

À titre d’exemple, l’organisation GenitCare travaille en collaboration avec l’hôpital de Ouahigouya pour contribuer à la prise en charge des femmes souffrant de fistule. Certaines fistules complexes nécessitent plusieurs interventions avant une guérison complète. Malgré ces difficultés, le message reste porteur d’espoir : la fistule obstétricale est une affection qui peut être guérie.

Au-delà du traitement médical, la réinsertion sociale constitue une étape essentielle. La réparation chirurgicale ne se limite pas à refermer une lésion anatomique : les conséquences psychologiques, sociales et économiques demeurent importantes et exigent un accompagnement adapté.

Après une période de repos recommandée suivant l’intervention, la femme peut retrouver sa capacité à concevoir. Il est donc indispensable de favoriser sa réinsertion psychologique, sociale et économique. Beaucoup de patientes vivent dans une grande précarité et manquent même de savon pour assurer leur hygiène quotidienne. Il est essentiel de leur offrir des formations professionnelles, de soutenir leur autonomie financière et de faciliter leur retour dans la société.

Enfin, la coordination des actions constitue le dernier pilier de la lutte. Cette mission revient principalement à la Direction de la santé de la famille du ministère de la Santé, en collaboration avec le ministère de l’Action humanitaire et les différents partenaires. Ensemble, ils identifient les femmes atteintes, organisent leur prise en charge et leur apportent un accompagnement global. Dans certains cas, il est même nécessaire de répondre à leurs besoins alimentaires, car, comme le rappelle le spécialiste, « la nourriture est le premier médicament ». C’est grâce à la synergie de tous ces acteurs qu’il est possible d’offrir aux femmes concernées une véritable chance de guérison et de réinsertion.

Libre Info : Quel message souhaitez-vous adresser aux femmes victimes de fistule et aux familles pour encourager la prévention et la prise en charge ?

Dr Josiane Ouédraogo : La fistule obstétricale n’est pas une fatalité.

Son élimination est une priorité nationale au Burkina Faso. Chaque année, cette maladie prive de nombreuses femmes de leur dignité, de leur santé, de leur liberté et de leur place au sein de leur famille et de leur communauté. Pourtant, elle est évitable et guérissable. Grâce à la sensibilisation, à un meilleur accès à des soins obstétricaux de qualité et à une prise en charge adaptée, nous pouvons redonner espoir à des milliers de femmes.

J’appelle également toutes les personnes de bonne volonté à se mobiliser. Votre soutien est essentiel. Rejoignez les organisations engagées dans cette lutte, notamment GenitCare, afin qu’ensemble nous unissions nos forces pour mettre fin à la fistule obstétricale.

À la société tout entière, je lance un appel : ne rejetons pas les femmes atteintes de fistule. Elles ont besoin de notre soutien, de notre compassion et de notre solidarité, non de stigmatisation. Lorsqu’une femme retrouve sa santé et sa dignité, c’est toute sa famille, sa communauté et le Burkina Faso qui en bénéficient.

Les femmes du Burkina Faso comptent. Toutes les femmes comptent. Ensemble, redonnons de l’espoir à celles qui souffrent de la fistule obstétricale et bâtissons un Burkina Faso plus solidaire, plus inclusif et plus prospère.