Ouagadougou, le 27 juillet 2026. Il y a trente ans, la Conférence Internationale sur la Population et le Développement (CIPD) posait un principe fondateur : placer les populations au cœur du développement durable, en privilégiant les droits humains, la santé sexuelle et reproductive, et l’autonomisation des femmes. Trois décennies plus tard, où en est le Burkina Faso ?

C’est à cette question exigeante que des experts, des acteurs du développement et de nombreux jeunes ont tenté de répondre ce 23 juillet 2026, lors des 24 heures de débats sur la démographie, organisées par l’Alliance des Jeunes pour le Développement Communautaire (AJDC) en collaboration avec GENIT CARE AFRICA, à l’occasion de la 36e Journée Mondiale de la Population.
Des avancées réelles, mais insuffisantes
Le bilan est nuancé. Le Burkina Faso enregistre des progrès tangibles depuis 1994 : hausse de l’espérance de vie, baisse du niveau de fécondité, amélioration de la scolarisation des filles et progression de la participation économique des femmes. Des avancées que le Directeur des politiques de population, Issa Zongo, a rappelées lors de la communication inaugurale, soulignant que ces résultats sont le fruit d’engagements politiques soutenus et d’efforts collectifs.

Mais ces progrès restent fragiles. Dans un pays où plus de 80% de la population a moins de 35 ans, les besoins en santé sexuelle et reproductive des jeunes demeurent largement non couverts. L’accès aux services de planification familiale, l’éducation sexuelle complète et la lutte contre les grossesses précoces restent des défis majeurs — en particulier dans les zones rurales et les régions affectées par l’insécurité.
La jeunesse, dividende ou bombe à retardement ?
Avec 72% de sa population en âge de travailler, le Burkina Faso dispose d’un potentiel démographique considérable. Mais ce dividende ne se réalisera que si les conditions sont réunies : instruction de qualité, insertion professionnelle effective, accès aux soins et respect des droits reproductifs. Comme l’a affirmé le représentant du Ministère de l’Économie lors du discours d’ouverture : « Investir dans la jeunesse, c’est investir dans la paix et dans un avenir souverain. »
Pour GENIT CARE AFRICA, cet investissement ne peut être complet sans intégrer pleinement les droits sexuels et reproductifs dans les politiques de jeunesse. Une adolescente privée d’information sur sa santé reproductive, sans accès à des services adaptés ou exposée aux violences basées sur le genre, ne peut pas être l’actrice de développement que le pays appelle de ses vœux.

L’engagement de la société civile
La participation active de GENIT CARE AFRICA à ces débats traduit une conviction : les organisations de la société civile ont un rôle irremplaçable pour porter les plaidoyers que les institutions ne portent pas encore assez fort. Trente ans après la CIPD, les droits reproductifs des femmes et des filles ne sont pas une option, ils sont une condition du développement durable du Burkina Faso. La jeunesse burkinabè représente un dividende démographique exceptionnel. Sa transformation en levier de développement durable passe par trois impératifs : investir dans l’instruction, renforcer l’employabilité, et assurer l’inclusion numérique. GCA et l’AJDC s’engagent à porter ces combats, du terrain aux espaces de décision.
GENIT CARE AFRICA
