Gratuité des soins au Burkina Faso : une politique à consolider pour les femmes et les enfants

Ouagadougou, 30 juillet 2026. La gratuité des soins de santé au profit des femmes enceintes et des enfants de moins de cinq ans est l’une des politiques sociales les plus emblématiques du Burkina Faso. Instituée par décret présidentiel en 2016, elle traduit une ambition forte : lever les obstacles financiers qui, combinés aux inégalités de genre, empêchent des millions de femmes et d’enfants d’accéder à des soins essentiels dans les structures publiques de santé.

C’est dans ce cadre que GENIT CARE AFRICA a pris part, les 14 et 15 juillet 2026 à Ouagadougou, au Forum national sur les politiques macroéconomiques sensibles au Genre au Burkina Faso. L’occasion pour l’association de contribuer à la co-production d’une note de synthèse — ou Policy Brief — initiée par l’ONG Christian Aid et son partenaire ATAD dans le cadre du projet Making Tax Work for Women (2024-2025), en présence d’organisations de la société civile dont BUSINESS AND PROFESSIONAL WOMEN.

Des acquis réels et reconnus

L’analyse conduite par Christian Aid et ses partenaires confirme que la politique nationale de gratuité des soins est bien connue et favorablement perçue par les populations. Ses effets sont tangibles : réduction des inégalités d’accès aux services de santé, atténuation des barrières financières, diminution des dépenses des ménages et renforcement de la prévention de la mortalité maternelle et infantile. Ces résultats placent cette politique en bonne position parmi les mesures en faveur du genre au Burkina Faso.

Des défis structurels qui persistent

Malgré ces avancées, la mise en œuvre de la politique se heurte à des obstacles majeurs que les bénéficiaires elles-mêmes ont rarement l’occasion d’exprimer. Les ruptures fréquentes de médicaments, de consommables et de réactifs compromettent la continuité des soins. Les coûts indirects pour les ménages — transport, alimentation, accompagnement — demeurent une réalité. Les longs délais d’attente et les insuffisances dans l’accueil altèrent la perception de la gratuité. Et l’augmentation rapide de la fréquentation des centres de santé n’a pas été accompagnée des investissements nécessaires en infrastructures et en personnel qualifié, mettant les agents de santé sous une pression croissante. À cela s’ajoutent des retards de remboursement aux formations sanitaires qui fragilisent la gouvernance de l’ensemble du dispositif.

Des recommandations portées par les bénéficiaires

Le Policy Brief formule des recommandations concrètes issues des bénéficiaires directs et indirects, de la société civile, des professionnels de santé et des instances parlementaires. Il s’agit notamment de garantir la disponibilité permanente des médicaments et consommables, d’intégrer les pharmacies privées dans le dispositif, d’améliorer le management des personnels de santé, de renforcer les mécanismes de financement communautaire et d’élargir le paquet de gratuité aux soins préventifs et aux groupes vulnérables.

La position de GENIT CARE AFRICA

Pour GENIT CARE AFRICA, cet investissement ne peut être pleinement efficace sans une prise en charge effective de la fistule obstétricale — cette blessure silencieuse qui continue de dévaster la vie de milliers de femmes burkinabè. L’association souscrit pleinement à la conclusion du Policy Brief : il faut faire de la gratuité des soins un investissement stratégique et non une simple dépense budgétaire, et en faire un levier puissant de l’émancipation des femmes et du développement durable du Burkina Faso. En marge du forum, un plaidoyer pour l’amendement de la Loi Organique relative à la Loi des Finances (LOLF) a également été porté, afin d’y inscrire des indicateurs sensibles au genre — une avancée institutionnelle que GENIT CARE AFRICA soutient avec conviction.

GENIT CARE AFRICA

CIPD+30 au Burkina Faso : GENIT CARE AFRICA a participé aux 24H de débats sur la démographie

Ouagadougou, le 23 juillet 2026. Il y a trente ans, la Conférence Internationale sur la Population et le Développement (CIPD) posait un principe fondateur : placer les populations au cœur du développement durable, en privilégiant les droits humains, la santé sexuelle et reproductive, et l’autonomisation des femmes. Trois décennies plus tard, où en est le Burkina Faso ?

C’est à cette question exigeante que des experts, des acteurs du développement et de nombreux jeunes ont tenté de répondre lors des 24 heures de débats sur la démographie, organisées par le MINISTERE DE L’ECONOMIE ET DES FINANCES à laquelle ont participé GENIT CARE AFRICA et l’Alliance des Jeunes pour le Développement Communautaire (AJDC) à l’occasion de la 36e Journée Mondiale de la Population.

Des avancées réelles, mais insuffisantes

Le bilan est nuancé. Le Burkina Faso enregistre des progrès tangibles depuis 1994 : hausse de l’espérance de vie, baisse du niveau de fécondité, amélioration de la scolarisation des filles et progression de la participation économique des femmes. Des avancées que le Directeur des politiques de population, Issa Zongo, a rappelées lors de la communication inaugurale, soulignant que ces résultats sont le fruit d’engagements politiques soutenus et d’efforts collectifs.

Mais ces progrès restent fragiles. Dans un pays où plus de 80% de la population a moins de 35 ans, les besoins en santé sexuelle et reproductive des jeunes demeurent largement non couverts. L’accès aux services de planification familiale, l’éducation sexuelle complète et la lutte contre les grossesses précoces restent des défis majeurs — en particulier dans les zones rurales et les régions affectées par l’insécurité.

La jeunesse, dividende ou bombe à retardement ?

Avec 72% de sa population en âge de travailler, le Burkina Faso dispose d’un potentiel démographique considérable. Mais ce dividende ne se réalisera que si les conditions sont réunies : instruction de qualité, insertion professionnelle effective, accès aux soins et respect des droits reproductifs. Comme l’a affirmé le représentant du Ministère de l’Économie lors du discours d’ouverture : « Investir dans la jeunesse, c’est investir dans la paix et dans un avenir souverain. »

Pour GENIT CARE AFRICA, cet investissement ne peut être complet sans intégrer pleinement les droits sexuels et reproductifs dans les politiques de jeunesse. Une adolescente privée d’information sur sa santé reproductive, sans accès à des services adaptés ou exposée aux violences basées sur le genre, ne peut pas être l’actrice de développement que le pays appelle de ses vœux.

L’engagement de la société civile

La participation active de GENIT CARE AFRICA à ces débats traduit une conviction : les organisations de la société civile ont un rôle irremplaçable pour porter les plaidoyers auprès des institutions pour que le plaidoyer soit assez fort. Trente ans après la CIPD, les droits reproductifs des femmes et des filles ne sont pas une option, ils sont une condition du développement durable du Burkina Faso.

La jeunesse burkinabè représente un dividende démographique exceptionnel. Sa transformation en levier de développement durable passe par trois impératifs : investir dans l’instruction, renforcer l’employabilité, et assurer l’inclusion numérique. GCA et l’AJDC s’engagent à porter ces combats, du terrain aux espaces de décision.

GENIT CARE AFRICA

1 911 enfants et personnes vulnérables retirés de la rue :

Du 24 juin au 3 juillet 2026, le Ministère de la Famille et de la Solidarité, en collaboration avec la Brigade Laabal et la Police Nationale, a retiré 1 911 personnes des rues de Ouagadougou, dont 1 396 enfants. Ces chiffres bouleversants trouvent écho dans le travail de terrain mené depuis 2023 par Genit Care Africa à travers son projet « Manger ensemble, Grandir ensemble » — une réponse concrète, humaine et durable à la vulnérabilité des enfants de la rue.

LES CHIFFRES QUI INTERPELLENT

1 911 Personnes retirées de la rue 73,05 % D’enfants parmi les retirés 75 % De talibés parmi les enfants

UNE RÉALITÉ QUI EXIGE DES SOLUTIONS DURABLES

Près de trois personnes sur quatre retirées des rues de Ouagadougou étaient des enfants. Parmi eux, trois sur quatre étaient des talibés — des enfants confiés à des maîtres coraniques et contraints à mendier pour survivre. Ces chiffres ne sont pas des statistiques abstraites. Ce sont des visages, des histoires, des enfances confisquées.

Pour le Camarade Ministre Lieutenant-colonel Passowendé Pélagie KABORÉ, la conviction est absolue : « aucun enfant ne devrait grandir dans la rue et aucune personne vulnérable ne devrait être abandonnée à la mendicité. » Une conviction que Genit Care Africa partage et incarne sur le terrain depuis trois années.

GCA : DE LA RUE À LA DIGNITÉ, UN MERCREDI À LA FOIS

Tandis que l’État mène ses opérations de retrait, Genit Care Africa construit, chaque mercredi depuis avril 2023, une réponse complémentaire et durable à travers de micros projets de trois mois par an. À travers son projet « Manger ensemble, Grandir ensemble » (MEGE), l’association accueille les enfants de la rue dans un espace protecteur, éducatif et inclusif.

Au fil des 12 séances réalisées en 2026, ces enfants ont bénéficié d’un cadre bienveillant qui leur a offert bien plus qu’un repas chaud :

Des ateliers de création artistique — peinture, coloriage, dessin — pour libérer leur expression

Une formation pratique en fabrication de sacs biodégradables et confection en papier recyclé

Une éducation aux droits fondamentaux : droit à l’éducation, à la santé, à la protection

Des sessions de sensibilisation à l’égalité de genre, à la masculinité positive et à la lutte contre les VBG

Un engagement solennel contre l’excision — les enfants comme premiers acteurs du changement

Un soutien inclusif aux enfants en situation de handicap moteur et aux enfants autistes

UNE COMPLÉMENTARITÉ NÉCESSAIRE : ÉTAT + SOCIÉTÉ CIVILE

L‘opération nationale du Ministère de la Famille et de la Solidarité démontre la volonté de l’État burkinabè de protéger ses enfants les plus vulnérables. Mais le retrait de la rue n’est qu’un premier pas. La véritable réinsertion — sociale, éducative, professionnelle — exige un accompagnement à long terme que des organisations comme GCA sont en mesure d’assurer.

C’est précisément cette chaîne de solidarité que GCA incarne : accueillir, nourrir, éduquer, former et redonner à chaque enfant la conviction qu’il a une place dans la société. Pas comme mendiant, mais comme citoyen.

LA PROTECTION DE L’ENFANCE EST UNE RESPONSABILITÉ COLLECTIVE Elle appelle l’engagement de l’État, des familles, des communautés religieuses et de chaque citoyen. GCA fait sa part — chaque mercredi, sans relâche. Rejoignez le mouvement.

1 911 personnes retirées de la rue en dix jours. Un chiffre qui dit l’urgence. Mais derrière chaque enfant accueilli chez GCA, il y a une histoire qui commence à se réécrire — lentement, dignement, un mercredi à la fois.

Sources : Direction de la Communication et des Relations Publiques / Ministère de la Famille et de la Solidarité (DCRP/MFS) — Ouagadougou, juillet 2026. | Genit Care Africa — Rapports d’activités MEGE 2026.

BURKINA FASO / LEADERSHIP FÉMININ — Orokiatou TRAORÉ, 46 poches de sang et une vie entière au service des autres

Il y a des actes qui parlent plus fort que tous les discours. Celui d’Orokiatou TRAORÉ en est la preuve vivante.


Ce Samedi 11 juillet 2026, lors de la célébration nationale de la Journée Mondiale du Donneur de Sang à Fada N’Gourma, cette femme d’exception a été élevée au rang de Chevalier de l’Ordre de mérite de la santé et de l’action sociale avec agrafe santé par le Ministre de la Santé, Dr Robert Lucien Jean-Claude KARGOUGOU. Une distinction méritée, qui couronne un engagement aussi discret que précieux : 46 poches de sang données bénévolement, autant de vies sauvées dans l’ombre et la générosité.
La cérémonie officielle, présidée par le Ministre de la Santé et parrainée par le Ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Pr Adjima THIOMBIANO, s’est tenue dans la salle polyvalente de Fada N’Gourma sous le thème porteur : « Une goutte d’humanité. Donnez du sang. Sauvez des vies. »

Une vocation née d’une rencontre

Tout a commencé simplement. Un agent du Centre National de Transfusion Sanguine (CNTS) passe dans son service (CNSS) pour une collecte et lui explique l’importance du don de sang. Ce jour-là, quelque chose change en elle. Depuis, sans interruption, elle donne.
« J’ai commencé à donner mon sang depuis le jour que le CNTS est passé à mon service pour une collecte. Depuis cette date et après le retrait de mes résultats, je donne de mon sang pour sauver des vies. » — Orokiatou TRAORÉ, Chevalier de l’Ordre de mérite de la santé


La femme : donneuse de vie et gardienne de la vie


Le geste d’Orokiatou TRAORÉ dépasse sa propre personne. Il interpelle toutes les femmes burkinabè. Car au-delà de donner la vie, la femme peut contribuer à la préserver par le don de sang, geste simple, accessible et salvateur.
Son message aux femmes est direct : « Les femmes doivent donner de leur sang pour sauver des vies » pour sauver des vies particulièrement lors des accouchements et des situations nécessitant une transfusion sanguine d’urgence.
Un appel qui résonne avec une acuité particulière dans le contexte de la santé maternelle au Burkina Faso, où l’hémorragie demeure la première cause de décès maternel.

GCA aux côtés des donneuses de sang

Genit Care Africa soutient pleinement cette dynamique. Promouvoir le don de sang bénévole, c’est agir directement pour la survie des femmes enceintes, des accouchées et de tous ceux qui dépendent des produits sanguins labiles pour survivre. Chaque poche de sang donnée est une mère sauvée, un enfant qui garde sa maman, une famille préservée.
La distinction d’Orokiatou TRAORÉ envoie un message fort : le leadership féminin ne se mesure pas seulement aux postes occupés. Il se mesure aussi aux vies sauvées, une poche de sang à la fois.

Genit Care Africa, Burkina Faso