Ce mercredi 3 juin 2026, le siège de Genit Care Africa (GCA) a accueilli la 9e séance du projet « Manger ensemble, Grandir ensemble » (MEGE)— une session particulièrement riche, placée sous le signe de l’égalité, du respect et de la paix.
Après le service de 30 repas communautaires, 10 enfants— dont #une_fille — ont pris part à un programme en trois volets, alliant éducation aux droits, expression artistique et ancrage culturel.
Éduquer pour transformer : l’atelier masculinité positive
La séance a débuté par une introduction à la masculinité positive, animée par Dr Josiane. Au cœur des échanges : les droits sexuels et reproductifs comme processus continu, qui commence dès l’enfance. Pour les jeunes garçons notamment, il est fondamental d’acquérir, tôt, des repères clairs sur les relations de genre — respect mutuel, déconstruction des stéréotypes, égalité des droits et prévention de toutes formes de discrimination.
Les discussions ont porté sur un principe simple mais essentiel : il n’existe pas de tâches ou de métiers réservés à un sexe. Les enfants ont activement participé aux échanges et exercices, démontrant une compréhension remarquable des notions abordées, et ont été initiés à la reconnaissance des symboles féminin et masculin.
Mémoire culturelle et vie au village
Mme Sougué a conduit un atelier de schématisation d’objets du quotidien villageois — seau, gobelet, canari, case, grenier, mortier, pilon. Un exercice ancré dans les réalités locales, qui a ouvert un espace d’échange riche sur les représentations et perceptions de la vie communautaire, tout en valorisant le patrimoine culturel burkinabè.
La paix comme œuvre d’art
La session s’est conclue par un atelier de peinture autour du thème de la paix, avec matérialisation des symboles féminin et masculin sur toile. Chaque enfant a exprimé sa propre vision de la paix — une créativité libérée, une parole donnée, une dignité affirmée.
L’ambiance participative et conviviale qui a marqué cette 9e séance confirme une évidence : ces enfants, trop souvent invisibles, ont des choses profondes à dire et à créer. GCA leur en donne l’espace et les outils.
Pour les séances à venir, le programme continuera de transmettre à ces enfants non scolarisés des valeurs fondamentales —respect, égalité, responsabilité— plutôt que de laisser ces sujets essentiels à l’improvisation ou aux sources non vérifiées.
Elle a vu des femmes mourir en couches. D’autres survivre… mais avec une vie brisée. Des femmes qui, après avoir donné la vie, se retrouvent à perdre leurs urines, leur dignité et même leur foyer souvent. Depuis près de 30 ans de carrière, Dr Josiane Ouédraogo, gynécologue obstétricienne et fondatrice de l’association Genit Care Africa, mène un combat acharné contre la fistule obstétricale au Burkina Faso. À l’occasion du 23 mai, Journée mondiale pour l’élimination de la fistule désignée comme “la maladie de la honte”, elle revient sur son parcours entre formations, soins et soutiens humanitaires.
Dans son bureau, Dr Josiane Ouédraogo parle de la fistule obstétricale avec une précision, car depuis près de 30 ans, elle est engagée pour l’éradication de cette maladie au Burkina. Des femmes rejetées, humiliées, parfois abandonnées dès la maternité, elle en a rencontré, mais à ses débuts, impuissante d’apporter un soutien. « Très tôt, à mes débuts dans la médecine, ou j’étais d’abord généraliste, j’ai été sensible à la mort des femmes et à la mort des nouveau-nés. Je me suis dit qu’il était absolument inacceptable que des femmes meurent en donnant la vie », confie-t-elle.
Médecin depuis 29 ans, elle a exercé aussi bien dans le privé que dans le public, en milieu rural comme urbain. Son parcours l’a menée à Fada N’Gourma où elle y a passé 15 ans. C’est là-bas qu’elle découvre l’ampleur du drame silencieux que vivent les femmes atteintes de fistule obstétricale. « Je voyais des femmes qui ne mouraient pas après l’accouchement, mais qui étaient complètement abîmées. Elles survivaient… mais leur vie basculait », déplore-t-elle.
À l’époque, elle ne savait pas encore réparer ces lésions. Elle ignore même comment prévenir ou accompagner psychologiquement ces patientes. Puis viendra la spécialisation au Bénin, avant un retour au Burkina Faso. De son retour au pays, elle fait une rencontre qui va changer le cours de son engagement : celle du Dr Guiro Moussa, aujourd’hui chirurgien urologue à l’hôpital Saint-Camille de Ouagadougou.
Elle revient aujourd’hui sur cette rencontre, dit-elle, a bouleversé sa vie, sa carrière et sa personnalité. « Un jour anodin, il m’a dit : “Petite sœur, viens, on va opérer une femme atteinte de fistule obstétricale.” Je croyais qu’il plaisantait. Mais il m’a donné le bistouri et il m’a fait confiance », se remémore-t-elle.
Dans ses souvenirs, elle revoit encore sa première intervention : la peur de faire des erreurs. En chirurgie, dit-elle, « l’erreur n’est pas autorisée ». Mais en fin, elle réussit le coup sous la conduite du Dr Guiro.
A Fada N’Gourma, grâce à un soutien du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), elle bénéficie d’une formation à Addis-Abeba, en Ethiopie. Là-bas, un détail la marque : des patientes opérées de fistules obstétricale deviennent des ambassadrices de la lutte contre la maladie. « Là-bas à Addis, c’est une femme opérée de fistule obstétricale qui m’a appris à opérer la fistule obstétricale. Les femmes guéries devenaient actrices de leur propre combat », relate-t-elle.
Qu’est-ce que c’est que la Fistule Obstétrical ?
La fistule obstétricale, explique-t-elle simplement, est « un trou » qui se crée entre le vagin et la vessie, ou parfois entre le vagin et le rectum, après un accouchement difficile et prolongé. Résultat : les urines ou les selles s’écoulent continuellement par le vagin, sans que la patiente ne puisse se contrôler. « C’est un problème mécanique lié à l’accouchement. La tête du bébé reste coincée trop longtemps. Les tissus meurent et laissent une ouverture », ajoute-t-elle.
Les conséquences sont terribles. Au-delà des douleurs physiques et des infections répétées, la femme perd progressivement sa place dans la société et est obligée de s’isoler. « L’odeur de l’urine est très forte. La femme elle-même finit par avoir honte d’elle-même. Là où elle s’assoit, ça laisse des traces. Les gens la fuient. Souvent son mari l’abandonne, sa famille la rejette. Souvent, l’abandon commence dès la maternité. Le bébé naît mort. Puis le mari s’éloigne. La famille aussi. Socialement, elle perd sa valeur », déplore-t-elle.
Pourtant, insiste la gynécologue, la fistule obstétricale se soigne. Lorsqu’elle est détectée tôt, une simple sonde urinaire placée pendant quelques semaines peut permettre la guérison. Mais dans les cas avancés, la chirurgie devient indispensable. Certaines patientes, révèle Dr Josiane, guérissent après une seule intervention, d’autres par contre peuvent subir plusieurs opérations, parfois plus de dix.
Et contrairement aux idées reçues, une femme opérée peut retrouver une vie normale, peut accoucher, et peut vivre paisiblement dans son foyer.
« Elle peut retomber enceinte et avoir un enfant. Mais l’accouchement devra obligatoirement se faire par césarienne programmée pour éviter que la fistule ne revienne », souligne-t-elle.
Et aussi, la fistule n’est absolument pas contagieuse.
« Ce n’est pas parce qu’on s’assoit à côté d’une femme atteinte qu’on va attraper la fistule. Il faut bannir cette peur et cette stigmatisation. La fistule n’est aucunement une maladie contagieuse », précise-t-elle.
27 milliards FCFA pour la lutte contre la fistule, le gouvernement burkinabè engagé pour la dignité des femmes
Au Burkina Faso, la lutte contre la fistule bénéficie d’un cadre de planification soutenu par l’État et des partenaires comme l’UNFPA et l’ambassade de Belgique avec un objectif commun : éliminer la fistule obstétricale d’ici 2030.
Selon Dr Josiane Ouédraogo, l’Etat burkinabè investit environ 7 milliards de francs CFA dans la lutte contre la fistule à travers notamment la gratuité des soins (il y a un gap de 20 milliards a mobiliser pour aller a l’élimination de la fistule obstétricale. « Il faut reconnaître que l’État a pris la mesure du problème. La prise en charge de la fistule fait partie de la gratuité des soins. Mais sur le terrain, les femmes restent extrêmement pauvres et le matériel adéquat pour la chirurgie reste insuffisant », indique-t-elle.
Pour elle, la lutte contre la fistule est multisectorielle. Elle dépasse largement le seul cadre médical. « La fistule est une question de santé, mais aussi d’éducation, d’infrastructures routières, de droits humains, de promotion de la femme. C’est une lutte multisectorielle », a-t-elle souligné.
Elle évoque également les « 3 principaux retards » qui favorisent l’apparition de la maladie surtout en zone rurale : le retard à décider d’évacuer la femme en travail, le retard dans sa prise en charge au centre de santé, puis le retard dans l’accès aux soins spécialisés. « Une femme en travail ne doit pas voir le soleil se coucher deux fois. Il faut la libérer pour éviter des séquelles. Pendant le travail d’accouchement, la tête du bébé qui est dure, si elle n’a pas assez d’espace pour sortir, elle cogne le bassin de la femme, et cela peut laisser une plaie, ronger les tissus mous qui vont se décoller et laisser de graves blessures et la la fistule est ainsi créée », martèle-t-elle.
Un appel à aider, soutenir et accompagner les patientes
Dans un appel, la gynécologue invite la société entière à changer de regard sur les femmes touchées. « Une femme qui souffre de fistule a besoin d’amour, d’accompagnement et non de rejet », lance-t-elle. A L’endroit des patientes, elle interdit la solitude. « Qu’elles ne se cachent pas. La fistule se guérit et la prise en charge est gratuite. Elles peuvent retrouver leur dignité et cela, en se rendant le plus tôt possible dans un centre de santé médical », affirme-t-elle. Elle invite également à un élan de solidarité pour mobiliser des ressources endogènes (dans le cadre de notre souveraineté) pour combler le gap pour être au rendez-vous de 2030.
Et sur ces mots, c’est le combat d’une femme qui, depuis des années, refuse qu’une autre femme soit condamnée à vivre dans l’humiliation pour avoir simplement donné la vie.
« Soigner une fistule, c’est redonner la vie »Dr Aïssata Ouédraogo, Urologue-Andrologue CHUR de Ouahigouya · Burkina Faso
À l’occasion de la Journée Internationale pour l’Élimination de la Fistule Obstétricale, GENIT CARE AFRICA a recueilli le témoignage scientifique et humaniste du Dr Aïssata Ouédraogo, urologue-andrologue au CHUR de Ouahigouya. Spécialiste engagée dans la prise en charge chirurgicale des fistules, elle lève le voile sur une réalité médicale et sociale encore trop silencieuse au Burkina Faso.
GENIT CARE AFRICA | Docteur Ouédraogo, pour les communautés qui entendent parler de fistule obstétricale pour la première fois, pouvez-vous nous expliquer simplement ce qu’elle est, comment elle survient et pourquoi elle est si dévastatrice ?
Dr Aïssata Ouédraogo — Urologue-Andrologue
DÉFINITION CLINIQUE
Fistule vésico-vaginale : communication anormale entre le vagin et la vessie, entraînant une perte involontaire et permanente d’urine.
Fistule recto-vaginale : communication entre le vagin et le rectum, provoquant une perte incontrôlée de selles.
Cause principale : un travail d’accouchement prolongé, sans assistance médicale rapide et qualifiée.
La fistule obstétricale est une maladie aux conséquences multidimensionnelles : physiques, psychologiques, sociales et économiques. La perte permanente d’urine ou de selles expose la femme à une forte stigmatisation sociale et, fréquemment, à une dépression profonde. Ce n’est pas seulement le corps qui est atteint — c’est la dignité entière de la femme qui est mise à l’épreuve.
GENIT CARE AFRICA | Quelle est la situation réelle de la fistule obstétricale au Burkina Faso aujourd’hui ? Quels profils de femmes sont les plus touchés et quelles zones sont les plus à risque ?
Dr Aïssata Ouédraogo — Urologue-Andrologue
21 450 cas enregistrés au Burkina Faso entre 2016 et 2024 (Annuaires statistiques MS)
2 380 cas en moyenne par an sur la période
~4 000 cas enregistrés en 2021, pic le plus élevé de la décennie
Ces chiffres concernent principalement des femmes en âge de procréer, entre 15 et 49 ans. Les régions du Nord, du Sahel et de l’Est ont concentré le plus grand nombre de signalements en 2025 — des zones directement affectées par l’insécurité, où l’accès aux soins obstétricaux d’urgence est sévèrement compromis.
Au service d’urologie-andrologie du CHUR de Ouahigouya, la prise en charge est effective et pluridisciplinaire. Ces cinq dernières années, l’équipe a traité 50 femmes pour fistule urinaire, dont 46 d’origine obstétricale. Nombre d’entre elles provenaient de zones à fort défi sécuritaire, certaines ayant même traversé des frontières depuis la sous-région pour accéder aux soins.
GENIT CARE AFRICA | Le thème 2026 appelle à investir pour mettre fin aux blessures liées à l’accouchement. Quel est le lien concret entre l’absence de personnel qualifié et l’apparition de la fistule ?
Dr Aïssata Ouédraogo — Urologue-Andrologue
Le personnel de santé qualifié joue un rôle déterminant à chaque étape : il assure le suivi prénatal, surveille le travail d’accouchement à l’aide du guide de gestion du travail (GGTA), détecte les signes de dystocie — c’est-à-dire la difficulté à accoucher par les voies naturelles — et prend les décisions qui s’imposent, notamment l’évacuation d’urgence.
MÉCANISME MÉDICAL DE LA FISTULE OBSTÉTRICALE
Lors d’une dystocie prolongée, la tête du nouveau-né reste bloquée dans le vagin et comprime la vessie et les tissus vaginaux, compromettant leur vascularisation.
Cette compression entraîne une nécrose tissulaire : les cellules privées d’oxygène meurent et laissent place à un orifice anormal — la fistule.
Un professionnel qualifié sait également que la vessie doit être vidée avant la naissance de l’enfant — un geste simple, mais décisif.
En d’autres termes, la présence d’un personnel qualifié ne sauve pas seulement la vie de l’enfant : elle protège celle de la mère et prévient une blessure qui pourrait l’accompagner pour le reste de ses jours.
GENIT CARE AFRICA | La fistule est traitable. Pouvez-vous nous expliquer le parcours de soins, les chances de guérison et les obstacles à l’accès aux soins au Burkina Faso ?
Dr Aïssata Ouédraogo — Urologue-Andrologue
Il est fondamental de rappeler deux points essentiels : la fistule obstétricale se guérit, et sa prise en charge est entièrement gratuite au Burkina Faso. Cette information doit atteindre chaque communauté, chaque famille.
PARCOURS DE SOINS CHIRURGICAUX
1. Accueil et évaluation : rassurer la patiente, examen clinique complet pour objectiver et classifier la fistule.
2. Bilan préopératoire : prélèvements sanguins, échographie, scanner si nécessaire, consultation préanesthésique.
3. Préparation : mesures visant à améliorer l’état général de la patiente avant l’intervention chirurgicale.
4. Intervention puis hospitalisation prolongée — parfois jusqu’à un mois pour les patientes des zones à fort défi sécuritaire.
Taux de succès de la prise en charge des fistules obstétricales au CHUR de Ouahigouya. Pour les fistules simples, le taux de guérison peut atteindre 100%. Ces résultats dépendent de la gravité de la fistule, du nombre d’interventions antérieures et de l’expérience du chirurgien.
GENIT CARE AFRICA | Au-delà de la blessure physique, la fistule entraîne un isolement social profond. En tant que soignante, comment percevez-vous cette double souffrance ? En quoi constitue-t-elle une violation du droit fondamental à la santé ?
Dr Aïssata Ouédraogo — Urologue-Andrologue
En tant que femme et soignante, je perçois très clairement cette souffrance. Chaque cas est singulier, chaque histoire est particulière. L’écoulement permanent d’urine ou de selles génère des odeurs, des infections répétées, des lésions cutanées douloureuses. Tout cela pousse la femme à s’isoler — parfois sous la pression de son entourage, parfois d’elle-même, par honte ou par crainte du rejet.
Elle cesse de se rendre au marché. Elle va puiser l’eau seule, à l’écart. Elle se retire des cérémonies et des espaces de vie collective. La réinsertion sociale, même après la guérison chirurgicale, reste parfois un combat long et douloureux.
“
Soigner une fistule obstétricale, ce n’est pas seulement fermer un orifice. C’est redonner la vie à une femme qui ne demande qu’à exister.
— Dr Aïssata Ouédraogo · CHUR de Ouahigouya
Sur le plan des droits, la garantie du droit à la santé implique la disponibilité des services de santé maternelle, leur accessibilité géographique et financière, leur acceptabilité culturelle et la qualité des soins offerts. Lorsque l’un de ces piliers fait défaut, la fistule obstétricale reste une réalité. Son élimination est donc indissociable de la réalisation pleine et entière du droit à la santé pour toutes les femmes.
GENIT CARE AFRICA | Le thème 2026 interpelle gouvernements, bailleurs et acteurs de santé. Quels investissements concrets sont urgents pour atteindre l’objectif d’élimination d’ici 2030 ?
Dr Aïssata Ouédraogo — Urologue-Andrologue
Le gouvernement burkinabè s’est engagé à éliminer la fistule obstétricale d’ici 2030. Pour honorer cet engagement, trois axes d’investissement sont incontournables.
INVESTISSEMENTS PRIORITAIRES 2026–2030
Infrastructures de proximité : développer des plateaux techniques obstétricaux dans les zones rurales et sécuritairement vulnérables, pour réduire les délais d’accès aux soins d’urgence. Formation des ressources humaines : former massivement des sages-femmes et des chirurgiens spécialisés — urologues et gynécologues — dans la prise en charge chirurgicale des fistules. Politiques publiques inclusives : garantir l’accès universel aux soins obstétricaux d’urgence et inscrire la lutte contre la fistule comme priorité nationale, avec un financement durable et prévisible.
Un financement durable est la condition sine qua non pour que cette lutte soit effective. Il assure la continuité des soins, la formation des équipes médicales et la mise en place de politiques qui garantissent à chaque femme une vie digne et sans fistule.
GENIT CARE AFRICA | En ce 23 mai 2026, quel message souhaitez-vous adresser aux femmes qui vivent ou ont survécu à la fistule, ainsi qu’aux familles et communautés qui les entourent ?
Dr Aïssata Ouédraogo — Urologue-Andrologue
Aux femmes qui vivent avec la fistule ou qui l’ont surmontée : vous n’êtes pas seules. Votre courage est une lumière qui inspire bien au-delà de vos foyers. La fistule n’est pas une fatalité, et elle ne définit pas ce que vous êtes. Avec des soins, de la solidarité et un engagement collectif, il est possible de guérir et de retrouver pleinement sa place dans la société.
Aux gouvernements, aux communautés et aux familles : continuez d’entourer vos filles, vos sœurs, vos épouses de respect et de soutien. Ce combat est collectif. Il appelle à la compassion, à la mobilisation et à la conviction que, lorsque nos forces s’unissent, la douleur peut se transformer en victoire et l’exclusion en renaissance.
“
La seule arme véritablement efficace contre la fistule obstétricale reste la prévention. Chaque naissance assistée par un personnel qualifié est une fistule évitée, une femme sauvée, une famille préservée.
— Dr Aïssata Ouédraogo · 23 mai 2026
« Pour la dignité de toutes les femmes » Entretien réalisé par GENIT CARE AFRICA Santé Sexuelle & Reproductive · Droits · Dignité
Dr Aïssata OuédraogoUrologue-Andrologue CHUR de Ouahigouya
Thème : « Sa santé est un droit. Investissez pour mettre fin à la fistule et aux blessures liées à l’accouchement »
Ouagadougou, le 23 mai 2026
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Chères partenaires, chers acteurs de la santé, chères communautés,
Chaque année, des milliers de femmes africaines et burkinabè en particulier portent sur leur corps les conséquences d’un accouchement non assisté. La fistule obstétricale n’est pas une fatalité. C’est le signe visible d’un système de santé qui n’a pas encore atteint toutes ses filles.
Elle touche principalement des femmes et adolescentes pauvres, vivant en zones rurales ou affectées par l’insécurité, ayant un accès limité aux soins obstétricaux d’urgence.
Les conséquences sont multiples : – Incontinence chronique – Infections récurrentes – Isolement social, stigmatisation et violences – Pauvreté extrême et perte de moyens de subsistance.
Malgré les efforts existants, les défis majeurs persistent : – Dépistage communautaire insuffisant – Retards dans la référence vers les services de réparation – Manque d’accompagnement psychosocial et socio-économique post-réparation – Faible implication structurée des organisations communautaires féminines.
En cette Journée Internationale pour l’Élimination de la Fistule Obstétricale, GENIT CARE AFRICA réaffirme avec force : « la santé sexuelle et reproductive est un droit fondamental, non négociable, pour chaque femme et chaque fille, où qu’elle vive sur notre territoire ».
Le thème de cette édition 2026 nous appelle à l’action concrète. Investir dans la prévention, dans les soins obstétricaux d’urgence, dans la formation des agents de santé communautaires, dans la déstigmatisation des survivantes, dans la prise en charge de qualité— c’est investir dans la dignité humaine et dans l’avenir de nos nations.
Nous appelons les gouvernements, les bailleurs de fonds, les organisations de la société civile et les communautés à conjuguer leurs efforts pour que, d’ici 2030, aucune femme du Burkina Faso ne souffre plus de cette blessure évitable.
Ensemble, construisons un système de santé qui protège, qui inclut et qui répare.Pour la dignité de toutes les femmes!
Les mutilations génitales féminines (MGF) constituent une violation grave des droits humains. Elles portent atteinte aux droits fondamentaux des filles et des femmes, notamment le droit à la santé, à l’intégrité physique et mentale, à la dignité et à la vie
Les lésions infligées aux organes génitaux féminins pour des raisons non médicales peuvent entraîner de lourdes conséquences, à court, moyen et long terme. Ces conséquences touchent la santé physique, sexuelle et mentale des survivantes, depuis l’enfance jusqu’à la vieillesse, en passant par l’âge de procréer. Douleurs chroniques, complications obstétricales, traumatismes psychologiques et atteintes à la vie sexuelle ne sont que quelques-unes des réalités vécues par des millions de femmes et de filles.
Thème 2026
: impliquer les hommes et les garçons pour transformer les normes sociales
Le thème de la Journée internationale de tolérance zéro à l’égard des MGF cette année met l’accent sur un levier fondamental du changement :
« Construire des partenariats avec les hommes et les garçons pour transformer les normes sociales et de genre et éliminer les MGF ».
Les MGF sont profondément ancrés dans des normes sociales et culturelles. Les éliminer durablement nécessite l’implication active de toutes et tous, y compris des hommes et des garçons, souvent détenteurs d’une influence décisive au sein des familles et des communautés.
Hommes et garçons du Burkina Faso : vous êtes des alliés clés
Papi, papa, tonton, frangin, hommes et garçons du Burkina Faso, votre rôle est crucial. Vous êtes des alliés indispensables dans la lutte pour l’élimination des MGF d’ici 2030.
Être allié, c’est :
• remettre en question les pratiques néfastes,
• refuser la perpétuation des violences basées sur le genre,
• protéger les filles et les femmes,
• promouvoir des valeurs de respect, d’égalité et de dignité humaine,
• soutenir les initiatives communautaires et les survivantes.
Rejoignez Genit Care Africa
Mettre fin aux MGF est une responsabilité collective. Chaque voix compte, chaque engagement fait la différence. Ensemble, transformons les normes sociales, brisons le silence et construisons un avenir où aucune fille ne sera mutilée au nom de la tradition.
Rejoignez-nous. Engageons-nous. Agissons maintenant pour un Burkina Faso sans MGF.
Ingénieur en génie des systèmes numériques et passionné de nouvelles technologies, Thomas Marie Lionel Manly met le numérique, l’intelligence artificielle et le leadership au service du développement communautaire et de l’innovation sociale.
Spécialisé en génie des systèmes numériques, Thomas Marie Lionel Manly se distingue par une approche du numérique orientée vers l’humain. Ingénieur de conception, il est passionné par le développement logiciel, notamment le développement backend avec Spring Boot et le développement mobile avec Flutter, domaines dans lesquels il conçoit des solutions fiables, sécurisées et adaptées aux besoins des utilisateurs.
Son intérêt pour l’intelligence artificielle, en particulier l’IA générative, s’inscrit dans une volonté de créer des outils intelligents répondant aux réalités locales et contribuant à l’amélioration des services. Pour lui, la technologie n’a de sens que lorsqu’elle sert l’intérêt général et favorise l’inclusion.
Engagé dans plusieurs organisations communautaires et humanitaires, Thomas Marie Lionel Manly participe activement à la conception et à la coordination d’actions sociales, éducatives et solidaires. Convaincu que le numérique, porté par des valeurs humaines fortes, peut devenir un puissant levier de cohésion sociale et de développement durable, il incarne un leadership innovant, responsable et tourné vers l’avenir.
Étudiant en fin de cycle de médecine et militant associatif, Yves Bertrand Yougbaré met son énergie et son expertise au service de la prévention sanitaire et du changement social à travers son engagement au sein de Genit Care Africa et d’autres organisations de santé.
Chargé de projet adjoint au sein de l’association Genit Care Africa, Yves Bertrand Yougbaré s’illustre par un engagement constant en faveur de la santé publique et du bien-être communautaire. Étudiant en médecine, il inscrit son parcours académique dans une dynamique de terrain, où la sensibilisation et la prévention occupent une place centrale.
Son militantisme associatif s’étend également à l’Union des Associations Contre le Tabac (UACT), où il assure la fonction de chargé de communication. À ce poste, il participe à la diffusion de messages de prévention et à la mobilisation citoyenne contre les effets nocifs du tabac. Il est par ailleurs membre de l’Organisation pour de Nouvelles Initiatives en Développement et Santé (ONIDS), renforçant ainsi son implication dans les initiatives communautaires axées sur la santé et le développement.
À travers ces différents engagements, Yves Bertrand Yougbaré incarne un leadership jeune, responsable et engagé, porté par la conviction que l’information, l’éducation et l’action collective sont des leviers essentiels pour améliorer durablement la santé des populations.
Responsable chargée de projet à Genit Care Africa, ambassadrice de l’organisation et cheffe d’orchestre du programme de mentoring communautaire, Rahinatou Zéba incarne une nouvelle génération de leaders féminins engagés, alliant médecine, entrepreneuriat et action sociale.
Au cœur des actions de Genit Care Africa (GCA), Rahinatou Zéba joue un rôle stratégique dans la conception et la mise en œuvre des projets communautaires. Responsable chargée de projet et Point focal du programme de mentoring communautaire, elle contribue activement à structurer une vision de leadership transformationnel, fondée sur l’autonomie, la motivation et l’engagement des jeunes.
Doctorante en médecine, elle allie exigence académique et engagement social, convaincue que la santé et le développement communautaire sont indissociables. Son leadership se distingue par une forte capacité d’organisation, une vision claire et une approche humaine, axée sur l’accompagnement individuel et la valorisation des talents.
Parallèlement à son engagement associatif, Rahinatou Zéba est entrepreneure. En tant que PDG du salon de coiffure “Smile Beauty”, elle fait de l’entrepreneuriat un outil d’autonomisation des jeunes femmes, promouvant l’indépendance économique et la confiance en soi. Passionnée et déterminée, elle œuvre chaque jour à créer un impact positif durable au sein de sa communauté.
Le 13 décembre 2025, Genit Care Africa a organisé à Ouagadougou une conférence publique marquant la clôture des 16 jours d’activisme contre les violences basées sur le genre (VBG) a l’occasion de la clôture de la 2ᵉ édition du programme de mentoring communautaire.
Cette sortie officielle de la cohorte de la 2ᵉ édition du programme de mentoring communautaire 2025, symbolise l’aboutissement d’un parcours d’apprentissage, de partage d’expériences et de renforcement des capacités de vingt-quatre (24) participant(e)s venu (e) s de Bobo Dioulasso, Koudougou, Ouahigouya et Ouagadougou.
Au cours de leur parcours, neufs (9) modules de formation ont été dispensés, animés par des experts sur des thèmes tels que le leadership, la communication efficace, la gestion du temps, le développement de compétences professionnelles, la gestion des conflits, la rédaction de projets, l’éducation financière et l’écoute active.
Mme Colette OUEDRAOGO, Secrétaire Générale du Ministère des Sports, de la Jeunesse et de l’Emploi
La cérémonie de clôture était placée sous le parrainage de Mme Colette OUEDRAOGO, Secrétaire Générale du Ministère des Sports, de la Jeunesse et de l’Emploi, et a rassemblé des jeunes, des acteurs communautaires, des professionnels du droit et de la protection, ainsi que des partenaires engagés dans la lutte contre les VBG.
Dans son allocution, Mme Colette OUEDRAOGO a salué l’initiative de Genit Care Africa et a encouragé la jeunesse à oser et à croire en son potentiel, rappelant que l’avenir du Burkina Faso repose sur sa jeunesse. Elle a illustré son propos par un proverbe moaga :
« Le jeune qui reçoit de bons conseils ne manque jamais son chemin. »
À travers ces mots, elle a souligné l’importance du mentoring communautaire qui, au-delà des conseils, offre aux jeunes des repères, des outils, des modèles inspirants et des valeurs essentielles pour leur épanouissement personnel et citoyen.
Mme Sanata OUEDRAOGO (juriste clinicienne de l’Association des Juristes du Burkina Faso)
M. Bob-Zié Wilfrid MEDA (Juriste et Spécialiste de la protection de l’enfant au Bureau International des Droits des Enfants)
Au cours de cette cérémonie, Genit Care Africa a réaffirmé son engagement en faveur de la promotion des droits humains, de la lutte contre les violences basées sur le genre et de l’autonomisation de la jeunesse, piliers essentiels pour un développement communautaire durable. C’est ainsi que Mme Sanata OUEDRAOGO (juriste clinicienne de l’Association des Juristes du Burkina Faso) et M. Bob-Zié Wilfrid MEDA (Juriste et Spécialiste de la protection de l’enfant au Bureau International des Droits des Enfants) ont animé un panel sur le thème « Tous UNiS pour mettre fin à la violence numérique à l’égard de toutes les femmes et de toutes les filles », rappelant que la lutte contre la violence numérique à l’égard des femmes et des filles est une responsabilité collective. Une séance interactive de questions-réponses, a permis à la soixantaine de participant (e)s d’échanger directement avec les intervenants et d’approfondir leur compréhension des enjeux liés aux violences basées sur le genre (VBG).
Mme Clémentine NACOULMA
Il faut noter que Mme Clémentine NACOULMA, a démontré la technique de l’autopalpation des seins et a sensibiliser la jeunesse a la prévention des Infections Sexuellement Transmissibles.
Les impétrant(e)s ont reçu leur attestation de participation, présenter leur idée de projet, et leur marraine, Madame la Secrétaire Générale du Ministère des Sports, de la Jeunesse et de l’Emploi les a rassuré (e)s de sa pleine disponibilité a les accompagner.
Dans la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG), les hommes occupent une place essentielle. Leur engagement, leur voix et leur comportement peuvent fortement influencer les normes sociales et contribuer à bâtir une société plus juste et égalitaire.
Dans son message du jour, Genit Care Africa rappelle une vérité fondamentale :
« En tant qu’hommes, nous avons un rôle important à jouer dans cette lutte. Notre force doit servir et non asservir. »
Les hommes, acteurs clés du changement
Les violences basées sur le genre ne concernent pas uniquement les femmes : elles interpellent toute la communauté. Les hommes, en particulier, peuvent devenir des alliés puissants lorsqu’ils décident de rejeter la violence, de promouvoir le respect et de défendre la dignité humaine.
Genit Care Africa encourage chaque homme à :
• remettre en question les stéréotypes qui normalisent la domination masculine ;
• reconnaître que la véritable force réside dans la protection, la solidarité et le respect ;
• devenir un modèle positif pour les jeunes générations ;
• intervenir et dénoncer toute forme de violence lorsqu’elle se manifeste.
Promouvoir une masculinité positive
À travers ses messages, Genit Care Africa souhaite mettre en avant une masculinité responsable, fondée sur la bienveillance, l’écoute, l’égalité et la protection des droits de chacun.
Il ne s’agit pas de stigmatiser les hommes, mais plutôt de valoriser ceux qui choisissent de :
• soutenir les victimes de violence,
• encourager des comportements non violents,
• s’engager pour des relations saines équilibrées et respectueuses,
• jouer un rôle actif dans la prévention des VBG.
Cette approche inclusive permet de transformer les mentalités et de construire des communautés où personne n’a à subir la violence.
Une campagne pour impliquer tous les acteurs
Dans le cadre des 16 jours d’activisme, Genit Care Africa diffuse chaque jour un message destiné à sensibiliser, éduquer et mobiliser. En mettant aujourd’hui l’accent sur la responsabilité des hommes, l’organisation rappelle que la lutte contre les VBG est l’affaire de tous et touts.
Les hommes ne doivent plus être perçus seulement comme témoins ou auteurs potentiels, mais comme partenaires indispensables pour un changement durable.
La force physique, morale ou sociale des hommes doit être un levier de protection, et non un instrument de domination.
En valorisant leur rôle positif, Genit Care Africa encourage un mouvement collectif où hommes et femmes œuvrent ensemble pour mettre fin aux violences basées sur le genre.
Parce qu’une société plus sûre, plus juste et plus égalitaire ne peut se construire qu’avec l’engagement de chacun et chacune.